mercredi 18 novembre 2015

La faille (Isabelle Sorente)


La faille



  •  La faille (Isabelle Sorente)
  • Broché: 520 pages
  • Editeur : JC Lattès; Édition : LATTES (2 septembre 2015)
  • Collection : Littérature française
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2709648571
  • ISBN-13: 978-2709648578



Mon résumé :

Au 4ème étage de l’aile A d’un immeuble du 16ème arrondissement parisien habite Lucie Scalbert .La jolie blonde aux yeux bleus vit seule avec sa mère depuis le décès subite de son père.
Au 1er étage de l’aile B du même immeuble résident Mina Scaro et sa mère. Le père de l’adolescente de 16 ans, surdouée, est parti quelques années avant vivre aux États-Unis avec une autre femme. 
Ce sont les difficultés en math et en français de Lucie qui amènent les deux jeunes filles à se rencontrer. De 4 ans son aînée, Mina va donner, sur la demande de sa mère, des cours à Lucie.
Rapidement, une amitié indéfectible va lier Mina et Lucie. Une amitié ponctuée de périodes de silence.
Au cours d’une de ces périodes de silence, Lucie va rencontrer Vincent Dominique Arnaud (VDA pour beaucoup). Engagée pour travailler dans son entreprise de coaching personnel, elle va peu à peu se laisser séduire, l’épouser… pour le pire. En apparence «  bien sous tout rapport » l’homme est en effet un manipulateur patenté.

Mon avis :
C’est un livre très exigeant qu’a écrit Mme Sorente. Une exigence sans lien avec le nombre de pages, mais plutôt liée à l’écriture et aux choix de l’auteur.
Elle a pris le partie de ne pas lâcher son lecteur dans la faille en un claquement de doigts. Elle le laisse descendre dedans, petit à petit. Phrase après phrase, peu à peu elle nous révèle les fissures qui existent dans chacun de ses personnages. Ce sont ces fragilités qui vont rendre possible la faille qui va éloigner les personnages les uns des autres et les mener jusqu’au drame….
On découvre, on comprend ces fragilités par des allers- retours entre le passé et le présent des personnages, car c’est seulement en examinant le passé à la lumière du présent et vice versa que l’on peut comprendre d’où vient cette faille. Une faille entre les personnages, mais aussi une faille dans les personnages, qui les éloignent ou les rapproche les uns des autres selon le moment de leur vie.  
C’est un peu comme un pare-brise de voiture qui aurait un éclat …un éclat qui se fissurerait peu à peu.
Ce livre est un « page turner » mais qui se découvre à petites doses tant l’écriture est intense. Aucun méchant, aucun gentil mais des personnages très forts, intenses, fruits de leurs éducations, de leur histoire.
Sans doute trouver vous mon avis peu clair, mais c’est parce qu’il est dur de parler de ce livre. Il faut le lire, se plonger dans chaque personnage, dans son esprit, pour comprendre qu’il touche aussi profondément le lecteur. Il m’a été impossible de rester en retrait, de survoler. Je me suis vu prise dans le filet, dans la faille…
Je remercie Mr SCHRAMECK THOMAS   du site Myboox, qui m’a fait gagner ce livre, qui est vraiment un coup au cœur !!!!!!!!!!A lire !

Quelques citations pour vous faire comprendre  ce que je n’ai pas réussi à exprimer :

«  La vérité qui sort de la bouche des enfants est une chose, celle qui se fraie un chemin à travers les années en est une autre, elle découpe des ombres denses comme la matière, prêtes à se déchirer, c’est à la noirceur de ses contours qu’on la reconnaît toujours trop tard. »

«  Je trouvais étonnant que les gens laissent des mots avant de se suicider, et que personne ne donne jamais d’explication au fait de rester en vie. »

«  Comme si elle voyait le défaut caché de mon esprit, que je cachais avec d’autant plus de soin que je ne faisais qu’en deviner la présence opaque, sans pour autant arriver à le définir. »

«  Si je prends cette plume-là, aujourd’hui, et pas une autre, c’est pour dire ce que j’ai à dire, j’ai besoin d’une plume trempée dans le poison du mal et du bien, j’ai besoin d’une encre sympathique et sans pitié. »

«  J’ai compris tout d’un coup ce que voulait dire l’envie, que les romans appellent jalousie parce que le mot est plus flatteur, avec ses trois syllabes qui font passer pour une maladie d’amour, l’envie fait si honte qu’elle ne se dit pas… »

«  La jalousie, c’est quand tu veux ce que l’autre a, l’envie, c’est quand tu voudrais que l’autre n’est jamais existé. »

«  Rien n’avait changé depuis qu’on était gosses, on se comprenait sans rien dire, nos difformités étaient compatibles. »

«  Était-ce possible d’arracher ce qu’on ne veut plus de soi, de forcer la mue, de l’abandonner sur la route, ne risque-t-on pas d’être rattrapé par la peau arrachée qui vous court derrière parce qu’elle n’est pas tout à fait morte ? »

«  J’ai fait ça pour que ma mère m’aime, dit-elle, quand j’ai compris qu’il n’y avait rien à espérer, tu n’imagines pas comme je me suis sentie libre ».
«  Parce que je suis de moins en moins moi-même […] je me vide de moi-même. »

«  Les voix de VD vous emmènent toutes quelque part. Il arrive aussi qu’elles vous y précipitent. Toutes cachent quelque chose. […] Et puis il y a sa voix de jour. […]Sereine, rassurante, intelligente, la voix diurne de VD cumule les adjectifs en sa faveur. […] A quoi tient la réussite d’un homme ? A sa voix de jour. »

«  VDA  a reconnu la faille de Lucie comme un prédateur reconnaît l’odeur du sang, sauf qu’au lieu de l’aider, il a tout fait pour la couper en deux. »

«  Comment il se sent ? Comme quelqu’un qui jettent des pelletés des terre et se rend compte que c’est lui-même qu’il est en train d’enterrer. »

«  VD avait le don  de révéler le mal que vous pensiez de vous, le mal que vous ne saviez même pas que vous pensiez, le moindre doute, la moindre ombre, tout ça devenait réel, en même temps. »

4 commentaires:

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    1. il m'a intéressé, même si il est particulier!

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  2. Je me suis ennuyée à mourir, je n'y ai pas trouvé d'intérêt réel (C'est personnel, comme toutes les lectures). Mais je suis contente que d'autres l'apprécient, évidemment.

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    1. c'est sur qu'il n'y a pas beaucoup de rebondissement, mais j'ai apprécié l'écriture de l'auteur et sa façon d'appréhender les personnages. J'ai aimé qu'elle ne prenne jamais parti...

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