samedi 18 février 2017

Le camélion ( Nicole Snitselaar et Coralie Saudo)



Camélion
  •  Le camélion ( Nicole Snitselaar et Coralie Saudo)
  • Album: 22 pages
  • Editeur : Balivernes Editions (1 juin 2016)
  • Collection : FARFADAISES
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2350671232
  • ISBN-13: 978-2350671239



Mon résumé :
Le propre du lion, c’est de faire peur. Mais comment impressionner les autres animaux si votre crinière prend la couleur de la végétation qui vous entoure ?

Mon avis :
Moi non plus je n’ai pas eu peur de Petit Lion… au contraire j’ai craqué pour lui … J’ai eu de la peine pour ce jeune félin, dont tous les animaux se moquent… Tous ? Non car un animal à le même « problème » que lui, et lui, il va l’accepter tel qu’il est et le rebaptiser même. Une nouvelle naissance ?  Plutôt une façon comme un autre de lui montrer que sa différence fait son originalité, et sa force aussi. Qu’elle donne envie de le connaître.
Un joli message d’ouverture à ceux qui sont « différents », servi par des dessins craquants et des couleurs vives !!!

Merci aux éditions Balivernes pour ce bel album pour les petits ( mes élèves ont aimé !)

Nous entrerons dans la lumière ( Michèle Astrud)



Nous entrerons dans la lumière

  •  Nous entrerons dans la lumière ( Michèle Astrud)
  • Broché: 304 pages
  • Editeur : Aux Forges de Vulcain (14 janvier 2016)
  • Collection : Littératures
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2373050072
  • ISBN-13: 978-2373050073





Mon résumé :
Il y a Antoine. Il y a Lucie.
Antoine c’est le père de Lucie, ancien professeur de lycée, il a abandonné son métier du jour au lendemain. Il a ressorti ses vieux appareils photos et il s’est remis à son ancienne passion : photographier. Il prend tout en photos, le beau et le laid, les jeunes, les vieux, la nature et les hommes, il veut juste laisser une trace de la réalité.
Lucie, elle, est loin de la réalité. Elle vit dans une institution, depuis qu’à l’âge de 8 ans elle a été agressée dans un parc. Une agression quasiment sous les yeux de son père qui était … en train de prendre des photos. Alors depuis 8 ans elle vit surtout des successions d’instants (un peu comme des photos). Sa mémoire lui joue des tours, au point parfois de ne pas reconnaître son père.
Et puis tout à coup il y a Sonia, ou plutôt sa secrétaire, qui appelle Antoine. Il faudrait qu’il vienne car elle veut tourner un film avec lui. Elle a des images du passé, et elle voudrait y ajouter des images du présent, pour faire une sorte de documentaire (c’est sa spécialité) sur le temps qui passe.
Mais voilà, il y a aussi la France. Et la France de Antoine et Lucie est devenue aride, desséchée. Une sécheresse environnementale (il ne pleut plus depuis longtemps, obligeant un rationnement des denrées et de l’eau). Mais aussi une sécheresse des hommes : plus aucune pitié. Chacun veut sauver sa peau alors on agresse, on blesse, on vole ce que l’on peut. Chacun se barricade, que ce soit physiquement ou dans son cœur : personne n’aide les blessés au bord de la route.

Mon avis :
D’abord je tiens à remercier Babelio et sa « masse critique » pour la découverte de ce livre.
Contrairement au titre, je n’ai pas vu beaucoup de lumière dans ce livre. Il met en exergue l’homme revenu à l’état sauvage. Cet homme qui pense à lui d’abord, à sa survie.
Une sensation de malaise m’a envahi dès le début de ma lecture pour ne plus me quitter. Est-ce parce que ce qu’il expose une situation qui pourrait arriver (la sécheresse, le dérèglement climatique) ? Est-ce parce qu’il met en relief les pires instincts de l’être humain ?
J’ai eu l’impression d’évoluer dans un monde instable. Parfois on ne sait pas si Antoine est dans le « rêve » ou dans la réalité. Le personnage de Lucie est instable : passant de la plus grande douceur à la brutalité, en quelques mots. Quid de sa mère qui a pris la fuite et qui semble trouver suffisant un virement mensuel sur le compte en banque du père et un coup de téléphone ?
La seule lumière de ce livre vient pour moi de la relation de Lucie et son père. Il y a des passages vraiment beaux, où transparaît l’amour du père pour sa fille, son envie qu’elle aille mieux. J’ai aimé les moments de complicité entre ces deux personnages, à certains moments de leur épopée….
Mais malgré cela, c’est la sensation de malaise qui demeure après avoir refermé le livre.
J’ai nettement préféré le livre précédent de l’auteur : Le jour de l’effondrement

Deux cigarettes dans le noir (Julien Dufresne Lamy)



Deux Cigarettes dans le noir


  •  Deux cigarettes dans le noir (Julien Dufresne Lamy)
  • Broché: 304 pages
  • Editeur : Belfond (12 janvier 2017)
  • Collection : ROMAN
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2714475736
  • ISBN-13: 978-2714475732 





Quatrième de couverture :
Clémentine travaille dans une usine de parfum. Elle attend un enfant.
Au moment d'accoucher elle prend sa voiture, et dans la douleur de son corps sur le point d'en faire naître un autre, elle en percute un troisième. Sur la chaussée. La douleur fait fermer les yeux. Pas le temps de s'arrêter. Quelques minutes plus tard, elle est déjà en salle de travail.
De retour à la maison seule avec son bébé, elle apprend la mort deux jours plus tôt, à Paris, de la chorégraphe Pina Bausch. Clémentine se souvient : une silhouette maigre, de longs cheveux gris – c'est Pina qu'elle a fauchée. Elle a tué un génie en mettant au monde son enfant. Dépression post-partum ou véritable accident ? Clémentine, sidérée, se laisse happer par l'univers de la danseuse disparue. Elle emprunte les films de ses ballets à la médiathèque du quartier, les visionne inlassablement tout en allaitant Barnabé. Bientôt, il faudra reprendre le chemin de l'usine.
Tandis que Barnabé vit ses premières semaines contre le sein de sa mère, privé de tout contact extérieur, Clémentine vit ses premières heures devant Pina qui va l'éveiller à quelque chose. Mais quoi ? La maternité et la danse, la vie, la mort se côtoient dans le troisième roman du jeune Julien Dufresne-Lamy.

Mon résumé et mon avis :

Il y a des livres qu’on lit avec un sentiment d’urgence. Pas parce qu’on est pressé de le finir… NON !!! C’est plutôt parce que cette urgence « transpire » du texte (excusez-moi, je n’aime pas cette expression mais je n’arrive pas à trouver comment l’exprimer autrement).
L’écriture de Mr Dufresne confère ce sentiment : les phrases sont courtes, simples (mais pas simplistes), percutantes. Le style en est presque haletant !
Il y a aussi l’histoire qui pousse à cette urgence. Dès les premières pages, on veut savoir. Comment l’héroïne va-t-elle élever son enfant ? A-t-elle vraiment renversé et tué cette danseuse célèbre ? Va-t-elle être retrouvée par la police ? incarcérée ? Ce livre a presque des airs de polar surtout quand à un moment…  
Et puis il y a aussi les personnages qui donnent envie de ne plus lâcher ce livre. D’emblée, dès les premières lignes on s’attache au personnage principal. Clémentine semble un peu étrange pourtant. Elle fait un peu hors-norme, extraterrestre… On a l’impression qu’elle se donne dès les premières lignes, qu’elle assume parfaitement ce qu’elle et ses choix. Et pourtant, paradoxalement on sent une sorte de souffrance en filigrane. Et il faudra en fait tout le livre pour la connaître, pour qu’elle se révèle vraiment et nous livre la « vraie vérité » sur son passé (l’expression peu française est choisie à dessein), pas celle qu’elle s’est racontée pour tenir debout, pour se construire. Mais finalement, si elle n’était pas prête à nous la dire d’emblée, c’est peut-être parce qu’il fallait qu’elle l’accepte d’abord elle-même, qu’elle se « l’avoue » avant de pouvoir l’énoncer. Et les deux évènements que sont la naissance de son fils et son « meurtre » la pousse à accoucher d’elle-même.
L’auteur nous donne une vision assez originale de la maternité, de la façon dont la relation entre un enfant et sa mère se construit. En fait, elle montre que cette relation est une construction. Est-ce à cause de son passé ? En tout cas, entre Clémentine et son fils, tout n’est pas évident. Elle doit tout apprendre. Elle a beau s’être documentée sur comment prendre soin de lui, le nourrir, elle est quand même démunie. Car sur aucun site web il n’est expliqué comment aimer et créer une relation d’attachement avec son enfant. On la sent à la fois pleine de convictions, de certitudes et pourtant si fragile cette Clémentine. Comment ne pas s’attacher à elle ?
J’ai apprécié aussi de découvrir, en parallèle, la vie de la danseuse Pinta Bausch. Les deux femmes ont en fait beaucoup de points communs :la même exigence vis-à-vis d’elles-mêmes et d’autrui, la même âpreté au travail. Elles sont toutes les deux très rigoureuses voir parfois rigides, entêtées.
Ce roman troublant est un coup de cœur j’avoue.
Un grand merci à Mr Gilles Paris et à Elodie Romiguière pour cet envoi !

Citations :

« Lorsque j’étais petite, il m’arrivait de m’imaginer en bonne mère. Mais quand cela m’arrive je rate. »

« J’ai la trouille de rater. De pas saisir. De monter les failles et le manque de force de mes bras. J’ai peur de montrer à tous ceux que m’entourent que pour le petit bonhomme à mes côtés, je ne sais pas comment m’y prendre. »

« J’aime ma mère pour ce qu’elle pourrait être. Et pour tout le reste, l’aimer est plus fort que moi. »

« Chez lui, c’était touchant, cet homme bourgeois abonné aux fautes d’orthographe. Les erreurs devenaient belles, on aurait dit des bosses, des couleurs qui égayaient mes yeux. Je les lisais, ses mots mal écrits sortaient de leur trou, ils glissaient, se déguisaient, ils inventaient des formes, enfilaient des chaussures trop grandes pour aller se pavaner ailleurs, là où les gens s’en foutent. »

« Elle me dit toujours, Clémentine, tu es un liquide. Tu t’adaptes, tu fais selon les gens, à force ça te triture l’esprit. Tu dois être un plastique. Les plastiques, ça ne se plie pas, ça s’impose, ça pollue l’extérieur comme tout le monde. »

« Avant je m’imaginais qu’être mère, c’était la somptuosité, la confiance, la satisfaction. Je voyais la maternité comme une porte d’entrée. Sans dalle fissurée, sans trou de souris. Un état meilleur révélé. Je me suis trompée. Enfanter c’est le début de la tombée. »
« On ne lui dit rien en face, on ose pas parce qu’elle parait fragile. Une si petite femme, ça ne se réprimande pas. »

« Mais aujourd’hui, l’ouvrier vise haut. EN voyant de près les 4x4 des cadres sur le parking il se dit que lui aussi, il a le droit de polluer la planète trois fois plus qu’un autre abruti. »

« Je ne présenta pas d’excuse. J’ai commis l’inexcusable en donnant naissance. Donner la vie ça ne se plaide pas. La vie n’est pas une raison valable. On le sait, ça se défend très mal. »

« Personne ne savait que c’était la dernière fois qu’ils pouvaient médire. Peut-être que je leur manquerai : les gens sur qui on s’acharne, on le les oublie jamais. »

« Peut-être qu’on se retrouvera tous les deux, parce que l’amour ça rebondit, ça s’infiltre, ça ne disparaît pas comme ça. »


Ce sera mon premier titre pour le challenge Petit bac, dans la catégorie  objet
Petit Bac 2017