vendredi 28 août 2020

Révélation brutale (Louise Penny)

 Révélation brutale

  •  Révélation brutale (Louise Penny)
  • Broché : 608 pages
  • ISBN-10 : 2330064551
  • ISBN-13 : 978-2330064556
  • Dimensions du produit : 11.2 x 3.6 x 17.8 cm
  • Éditeur : Babel (2 juin 2016)

 

Mon résumé :

Le paisible village de Three Pines est en ébullition. Un cadavre vient d’être découvert. Ce qui connaisse le village vous diront que ce n’est pas la première fois. Par contre, ce qui est nouveau c’est que le lieu du crime est… le Bistrot d’Olivier.

Evidemment le couple Olivier- Gabri est suspecté… mais ils nient tous les deux avoir quelque chose à voir avec ce meurtre. Leurs arguments sont simples : pour vouloir tuer quelqu’un il faut connaitre la personne, or, pour eux, le mort est un inconnu. Et quand bien même ils seraient coupables, ils auraient été bien « stupides » de laisser le cadavre dans leur propre bistrot, alors qu’il y a une forêt si près.

L’inspecteur Armand Gamache et son équipe sont bien embarrassés car personne ne semble connaitre la victime, ni au village, ni plus loin… Personne ne sait même d’où il vient….

 

Mon avis :

Encore une fois quel plaisir de retrouver l’inspecteur Armand Gamache. J’aime son flegme. J’aime la « lenteur » de ses enquêtes.

J’aime son regard sur les crimes et les criminels. Pour lui, le crime vient d’un sentiment qui a « pourri », qui s’est enkysté.
J’aime aussi beaucoup la façon dont il explique le déroulement de ses enquêtes, leurs différentes étapes.

Dans cette enquête, la sixième, Gamache est confronté à un dilemme personnel. En effet, comme le cadavre a été découvert dans le bistrot d’Olivier, c’est ce dernier qui est le premier suspecté. Et les découvertes sur Olivier faites par l’inspecteur et son équipe révèle des zones sombres de sa personnalité. Or Olivier est un ami d’Armand Gamache. … Comment dès lors rester professionnel ?

Le lecteur aussi est mis à rude épreuve. Car lui aussi est « l’ami » d’Olivier. Et quoi de plus difficile pour un lecteur que de voir un des personnages qu’il apprécie suspecter ?

Ce qui complexifie encore la position du lecteur, c’est qu’à certains passages de l’histoire il est « dans la tête » d’Olivier. Il connait donc ses pensées, certains de ses faits et gestes. Des éléments qui font douter de son … innocence.

 

Je crois que c’est ce que j’aime chez Louise Penny : ses personnages ne sont jamais tous blancs ou tous noirs. Ce sont des humains, avec leurs doutes, leurs rêves, leurs travers, leurs amitiés et leurs haines. Ils n’ont pas toujours la bonne réaction, le bon mot au bon moment, la bonne répartie…. Des gens comme vous et moi…

J’apprécie aussi le versant plus « psychologique » qui ne tombe jamais dans la psychologie de comptoir, ou dans le bon sentiment !!

J’ai hâte de lire la suite !!!

 

Ce sera mon 2ème titre pour le challenge «  Pavé de l’été » du blog « Sur mes brizées ».


Le purgatoire des innocents (Karine Giebel)

Purgatoire des innocents
  • Le purgatoire des innocents (Karine Giebel) 
  • Poche : 640 pages
  • ISBN-13 : 978-2266246248
  • ISBN-10 : 2266246240
  • Dimensions du produit : 10.9 x 3 x 17.8 cm
  • Éditeur : Pocket (15 mai 2014)

 Mon résumé :

Pour Raphaël, l’horreur suprême serait de retourner en prison. Il y a déjà passé une grande partie de sa vie pour divers délits. Malheureusement pour lui, le vol qu’il vient de commettre avec son frère chez un grand bijoutier a mal tourné : 2 morts et un blessé grave.

Et pire encore, il se trouve que le blessé grave c’est son petit frère.

Le voilà obligé de chercher une autre planque, moins loin que celle prévue pour laisser le temps à son frère de se soigner. Une autre planque… et un médecin pour le soigner.

Dans ce contexte quoi de mieux qu’une maison isolée, au milieu de nulle part, avec une femme seule qui, en plus possède des compétences médicales ….

Mon avis :

Curieusement mon avis a évolué au cours de ma lecture. Si je le spécifie dans cet article, c’est que c’est une des premières fois que ce changement est aussi « important » dans ma vie de lectrice

Avant d’arriver aux 50 dernières pages (ou environ), j’appréciais ma lecture mais sans plus. J’aimais l’écriture, mais j’étais un peu rebutée par le déferlement de violence gratuite…

Il faut avouer que la femme chez qui Raphaël et ses trois comparses atterrissent est étrange, surprenante et surtout difficile à cerner (pour les personnages comme pour le lecteur). Est-elle un ange, une pauvre petite femme par sans défense ou un démon ? Son mari, quant à lui, semble inoffensif voire insignifiant, mais comme le dit le proverbe : « il ne faut pas se fier aux apparences ». Je n’en dirais pas plus pour ne pas gâcher l’intérêt des potentiels lecteurs. Les braqueurs, eux, (ils sont au nombre de 4 : Raphaël, son frère et deux de leurs amis), semblent un peu brutes, pas forcément attachants ou marquants.

Mais il y a eu les 50 dernières pages. Alors, si je maintiens mon avis sur la violence gratuite (là encore je ne peux rien dire pour ne pas faire de faire de « gaffe ») qui m’a laissé sceptique, je dois cependant compléter/ nuancer mon avis sur les personnages.

Je crois que j’ai apprécié certains aspects plus « psychologiques » de ce livre.

D’abord, à aucun moment l’auteure n’excuse les « méchants ». Elle nous livre des clés d’explication de leur violence, de leur inadaptation sociale mais sans jamais tomber dans le misérabilisme. Au contraire, c’est presque froid, clinique la façon dont elle explique le « background » de ses personnages. Au départ, c’est ce qui me dérangeait, je crois, je n’arrivais pas à m’attacher aux personnages.

En parallèle de l’histoire, l’auteur insère des chapitres sur l‘histoire de Raphaël. J’ai aimé découvrir les relations de ce personnage avec sa famille. A aucun moment l’auteur ne tombe dans l’apitoiement. Pas de « le pauvre petit » ? Elle nous parle plutôt de choix, pas de bons ou de mauvais choix mais juste de choix de vie, fait à un moment T.
Et au final, je me suis rendue compte à la fin de ma lecture que je m’étais vraiment attachée à ce personnage de Raphaël, qu’il n’était pas forcément celui que j’avais perçu au début. Comme s’il avait fallu les dernières pages pour que toutes les pièces du puzzle « Raphaël » soient à leurs places et que j’ai enfin une vision d’ensemble de ce personnage pour l’apprécier. Et je dois avouer que j’ai terminé ce livre avec les larmes aux yeux.

Je crois aussi que je me demandais au fil de ma lecture où tout cela pouvait bien mener, comment l’auteur allait s’en tirer.  Et au final je peux vous dire qu’elle s’en tire bien, car la fin de ce livre est également bien « trouvée ». C’est la seule qui me semble valable.

Au final je peux dire que c’est un livre que je ne conseille pas forcément aux âmes sensibles, mais qui est intéressant par certains aspects : la psychologie des personnages, la façon dont l’auteur s’y prend pour dépeindre ses personnages, et certains moments touchants, émouvants de l’histoire (au milieu de d’autres plus sordides.

Je note ce livre pour le challenge du Pavé de l’été…. du blog " Sur mes Brizées !!

 https://surmesbrizees.files.wordpress.com/2020/03/logo-challenge-pavc3a9vasion-moymle.png?w=300&h=300

 

 

lundi 13 juillet 2020

Le sécateur (Éric Courtial)


Couv le secateur 9782919066643



  •  Le sécateur (Éric Courtial)
  • 12 X 19 cm, broché
  • 236 pages
  • ISBN : 9782919066643
  • Date de parution : 2017




Mon résumé :
A peine revenu d’un voyage qui lui a permis de toucher des requins dans leur habitat naturel, c’est à un prédateur humain que le commissaire Furnon est confronté. Un prédateur qui ne se contente pas de couper le pouce droit de ses victimes avec un sécateur. Il nargue également la police, et en particulier Patrick Furnon et son équipe.
Pour aider à l’arrestation de ce serial killer qui semble frapper au hasard, un profileur parisien débarque dans la capitale des Gaules.

Mon avis :
Quel plaisir de retrouver le commissaire lyonnais et son équipe. J’ai vraiment apprécié de retrouver l’écriture de Mr Courtial.
J’ai trouvé très pertinents les questionnements sous-jacents à cette enquête :  Que ferions-nous, si un tueur en série agissait, sans qu’il soit possible de déterminer son « type » de victime ? Comment se protéger ?
Que penser de cette nouvelle forme de journalisme, qui semble parfois (souvent ??) préférer le sensationnalisme à l’enquête sur les faits et à la réflexion ? Qui est responsable de cela : les organes de presse ou le lecteur qui préfère le » prédigéré » à un véritable article de fond ?
J’ai apprécié les questionnements du commissaire sur sa vie privée, sur son futur rôle dans son couple. J’aimerais vraiment pouvoir retrouver ce commissaire dans une autre enquête…  
Un certain « évènement » (que je ne détaillerai pas pour ne rien spoiler) m’a complétement chamboulée, au point de lire le passage en apnée, oubliant totalement ce qui était autour de moi.
J’ai apprécié la recherche du coupable. La révélation de ses raisons d’agir m’a ébranlée. Je suis tombée sous le charme du profileur. J’ai apprécié le retournement de situation à la fin … mais justement la fin m’a semblé un poil « poussive ».   Il m’a manqué un soupçon de tension et de stress pour véritablement flipper et en faire un total coup de cœur.
 C’est cependant un livre que je vous encourage à découvrir donc !!!! et en l’achetant chez votre libraire ou directement chez l’éditeur (je sais je me répète) !!

mercredi 24 juin 2020

Tunnel (Éric Courtial)


Essai couv 3


  • Tunnel (Éric Courtial)
  • 12X19 cm, broché
  • 210 pages
  • ISBN : 9782919066223
  • Date de parution : 2015
 
 
 
Mon résumé :
200 automobilistes pris au piège du tunnel de la Croix Rousse, un groupe de 8 malfaiteurs dont le chef « ressemble » à un vrai psychopathe… le weekend de Pâques du nouveau commandant du SRPJ de Lyon commence sur les chapeaux de roues.
Les exigences des preneurs d’otages sont simples : plus de 10 millions d’euros et des diamants, sinon … des morts dans le tunnel et l’explosion de 2 bombes cachées dans Lyon.

Mon avis :
Depuis quelques jours j’avais du mal à lire… Après avoir tenté de commencer plusieurs des livres de ma pile à lire j’ai fini par ouvrir celui-ci, commandé pendant le confinement. Et j’avoue que si je l’ai commencé vendredi soir je l’ai fini dimanche. Impossible de le lâcher. Ça faisait longtemps que je n’avais pas ressenti cela. Pourtant, le sujet de la prise d’otage est un classique du polar et l’enquête pourrait sembler elle aussi « classique ». Mais voilà, il y a des petits trucs en plus qui en font un polar plus que digne d’intérêt et surtout addictif :
- le lieu d’abord…Lyon et le tunnel de la Croix-Rousse… j’y étais, pas plus tard qu’en janvier dernier (il y a quelques mois, il y a un siècle j’ai l’impression) donc j’avais des images claires des lieux en tête. J’ai passé des bons moments dans la capitale des Gaules dans mon enfance.
- la prise d’otage sous un tunnel est une idée très originale je trouve !!! En effet cela restreint la possibilité pour les policiers d’intervenir ou d’avoir un quelconque « visuel » sur la situation.
- le défilement du temps « affiché » à chaque début de chapitre, donne un sentiment d’urgence, qui met la pression aux enquêteurs mais aussi au lecteur qui veut savoir.
- une sensation d’impuissance du côté des enquêteurs (et donc pour le lecteur), tant les malfaiteurs semblent avoir organisé le moindre détail, semblent avoir tout anticipé.
- les personnages attachants du côté des forces de police, et du côté des preneurs d’otage   un chef à la limite de la folie « froide », prêt à tout pour « gagner »
Et enfin une écriture fluide qui fait que le lecteur rentre dans l’histoire dès les premières lignes !  
Vous l’avez compris : précipitez-vous pour le commander !!!! Mais s’il vous plait, commandez-le à vos libraires ou directement sur le site de l’éditeur. Les petits éditeurs et les libraires sont en danger en ce moment, ils ont plus besoin de vous que les grosses plateformes de e-commerce.
De plus si vous allez sur le site de l’éditeur n’hésitez par à flâner et à vous laisser tenter les autres titres : j’en ai lu beaucoup et je n’ai jamais été déçue : les « histoires » sont toutes plus originales les unes que les autres et les écrivains « savent écrire » avec un grand E !!!