jeudi 8 juin 2017

IDP 37 (Mathieu Neu)


Couverture IDP 37 Plon

  • IDP 37 (Mathieu Neu) 
  • Auteur Mathieu Neu
  • Editeur Plon
  • Date de parution 11/05/2017
  • Collection Sang Neuf
  • EAN 978-2259249522
  • ISBN 2259249523





Mon résumé :
C’est préoccupé que Paul se rend à son entretien d’embauche pour devenir dessinateur au magazine « Avant-Garde ».
Claire occupe toutes ses pensées. La jeune femme l’a accosté quelques jours avant lors d’une soirée masquée en boite de nuit et n’a eu de cesse, toute la soirée de lui poser des questions intrusives sur sa vie.
Mais au moment de lui montrer son visage, elle a prétexté le besoin de se remaquiller et pris la tangente. Les questions de Paul sur la jeune femme ne font que commencer car il découvre ensuite que Claire lui a donné une fausse identité.

Mais pas de répit pour Paul. Dans les bureaux d’Avant Garde, c’est au sujet de son IDP qu’il est mis sur la sellette. Pourquoi un journal devrait-il engager un homme avec un Indice De Personnalité aussi bas, un IDP de rebelle ?

Mon avis :

Bien sûr qu’il les a vu toutes ces caméras, installées dans les rues. Mais il a été convaincu par l’argument sécuritaire avancé par les autorités.
L’indice de personnalité ? Pourquoi y accorderait-il de l’importance étant donné les controverses que suscite son établissement ?
Comme beaucoup de citoyen, Paul n’a jamais vu l’intérêt de critiquer les mesures du gouvernement ou de s’interroger sur comment fonctionne le monde, puisque personne, dans la population ne le critique, ne s’élève contre lui. Mais grâce à Claire, Paul va se réveiller et découvrir de quelle façon et à quel prix, l’équilibre systémique » du pays est maintenu.

Non ce livre ne se passe pas dans le monde d’aujourd’hui et pourtant il pourrait. Le monde qu’évoque l’auteur pourrait être le nôtre, ou celui de demain. Ce n’est sûrement pas involontairement que Mr Neu omet de préciser le cadre spatio-temporel de son histoire. Et c’est cette omission qui rend l’histoire de Paul plus brûlante et plus généralisable.
Un grand bravo pour cette critique d’un monde ou le maintien de « l’équilibre systémique » est plus important que le bien-être de la population, ou que le progrès de la civilisation. Un livre qui est tombé à point nommé car je l’ai lu entre les deux tours de l’élection présidentielle. Un livre à lire et à relire en s’interrogeant sur les points communs entre le monde de Paul et le nôtre ! Un livre à faire lire à des ados … pourquoi pas !

Un grand merci à Valérie Guiter des Editions Plon - Les Escales- Feux Croisés - Sang Neuf pour cette découverte


lundi 5 juin 2017

Leur séparation (Sophie Lemp)



 Leur séparation par Lemp


  •  Leur séparation (Sophie Lemp)
  • 100 pages |
  • 14,90€
  • En librairie le 07 septembre 2017
  • EAN : 978-2-37073-147-0
 
 
 
 
Mon résumé :
Sophie a presque 10 ans quand ses parents lui annoncent leur séparation. Ce sont ses parents qui se séparent, mais c’est sa vie à elle qui est séparée, comme coupée en 2. Dorénavant il y aura un avant et un après.
Si ses parents font tout pour ne pas montrer leurs désaccords, la petite fille vie cette séparation comme drame.
Dès années après elle en « souffre » encore. C’est comme si cette séparation avait changé dans sa personnalité.

Mon avis :
Voici un court livre que j’ai pu découvrir grâce à l’opération Masse Critique de Babelio. Merci donc à Babelio et aux EditionsAllary pour le gentil message qui était glissé dans le livre.
L’écriture de Mme Lemp est tout en pudeur. A aucun moment elle n’accuse l’un ou l’autre de ses parents d’avoir mal agit. Elle n’examine que les conséquences de la rupture de ses parents sur sa personnalité, sa façon à elle d’être. Son regard sur son comportement, ses réactions est tout à fait lucide. Elle ne s’apitoie pas sur son sort. Son écriture est tout en pudeur. Peut-être trop d’ailleurs. Même si j’ai aimé ce livre, j’ai un peu eu l’impression de rester en surface, de ne pas avoir le temps ou la possibilité de m’attacher à la petite fille blessée et à l’adulte qu’elle est devenue. Est-ce ce trop-plein de « pudeur », le gommage des sentiments extrêmes ou la brièveté de cet opus je ne sais pas ….

mercredi 31 mai 2017

Nuit blanche à Stockholm (Christoffen Carlsson)



Nuit blanche à Stockholm

  •  Nuit blanche à Stockholm (Christoffen Carlsson)
  • Broché: 373 pages
  • Editeur : Ombres noires (29 mars 2017)
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2081337207
  • ISBN-13: 978-2081337206





Mon résumé :
Tout commence le 12 décembre dans un Stockholm enneigé. Un homme est retrouvé mort d’un coup de couteau dans une ruelle. Sa pièce d’identité le désigne comme Thomas Markus Heber, professeur de sociologie à l’université de Stockholm. A part une condamnation pour fait de violence dans sa jeunesse, la vie d’adulte du sociologue semble lisse…
La seule piste à laquelle Léo Junka est l’enquête sociologique que menait la victime sur les groupuscules d’extrême droite.
Mais, alors que l’inspecteur se lance dans l’enquête les services de renseignement récupère le dossier. Déjà sur la sellette, Léo va-t-il se résigner ou continuer l’enquête en sous-main ?

Mon avis :
Je tiens d’abord à remercier le site « lecteurs .com » pour cette découverte. J’ai apprécié l’écriture de Mr Carlsson qui est plutôt travaillée pour un polar. Il décrit très bien le mécanisme d’embrigadement des jeunes « fragiles » dans les groupuscules d’extrême droite. J’ai trouvé très intéressante sa description des moyens de pression utilisés pour maintenir les adhérents sous la coupe des leaders.
J’ai apprécié le personnage de Léo, mais je regrette de ne pas avoir lu sa précédente enquête car je n’ai pas compris certaines allusions à son passé.
Malgré tous ces points positifs, je trouve qu’il manque quelque chose pour faire de ce livre un coup de cœur… mais quoi ?

samedi 29 avril 2017

Les cœurs déchiquetés ( Hervé Le Corre)



Les coeurs déchiquetés

  •  Les cœurs déchiquetés ( Hervé Le Corre)
  • Poche: 471 pages
  • Editeur : Rivages (4 janvier 2017)
  • Collection : Rivages/Noir
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2743638621
  • ISBN-13: 978-2743638627




Mon résumé :
Peut-on un jour se remettre de l’enlèvement de son enfant ? Même s’il a dû apprendre à vivre avec, la disparition et l’absence de Pablo hantent toujours autant Pierre Vilar. Il n’est pas rare qu’elle refasse surface, d’une façon ou d’une autre, au cours d’une enquête de ce commandant de police. D’autant plus qu’il n’a jamais pu se résoudre à abandonner les recherches pour comprendre. Il est aidé en cela par un gendarme, à la retraite.
Quand, dans le cadre de son métier, Pierre se retrouve en charge de l’enquête sur le meurtre d’une jeune femme, Nadia, il lui est impossible de rester de marbre. Pour Victor, le fils adolescent de la victime, il se doit de comprendre. Mais au fur et à mesure de ses investigations pour savoir qui pouvait en vouloir à la jeune femme de ménage, Pierre semble réveiller la haine d’un homme qui se met à le poursuivre….

Mon avis :
Un polar qui prend aux tripes et que j’ai terminé avec les larmes aux yeux.
Des cœurs déchiquetés, c’est bien ainsi qu’ils sont Pierre et Victor. Ils ont beau avoir assez d’années d’écart pour pouvoir être père et fils, ils n’en demeurent pas moins qu’ils vivent la même expérience. Celle d’être obligé d’apprendre à vivre avec l’absence. Et pas avec n’importe quelle absence :l’ absence des personnes qu’ils aimaient le plus au monde.
L’absence d’un fils aimé et choyé qui lui a été enlevé sans raison, pour Pierre. Une absence qui a fait exploser sa vie, son couple. Il aurait pu se croire invulnérable, de par sa profession. Mais quel pouvoir de protection a une arme contre la perte et la douleur, contre l’absence d’indice ?
Pour Victor, qui ne connaît pas son père, la soudaine disparition de sa mère le propulse dans un monde inconnu. De fils de mère célibataire, il devient « l’orphelin ». Lui qui n’avait connu que l’amour de sa mère, se retrouve du jour au lendemain soumis à la dureté de la vie en maison d’enfants. Un lieu où même si les adultes sont bienveillants, les enfants ont subi de trop de traumatismes pour qu’ils soient tendres entre eux.
Je m’attendais un polar un peu classique, à une enquête sur un meurtre, menée par un policier lui-même brisé. J’étais loin du compte.
D’abord parce que ce l’écriture de Mr Le Corre n’est pas une écriture de polar. C’est une écriture qui analyse les sentiments. Avec des mots simples, mais admirablement choisis et percutants, il décrit les étapes du deuil. Son analyse des celles par lesquelles est passé Pierre pour apprendre à vivre sans son fils, celles de l’explosion de son couple, toute en pudeur, est tout simplement émouvante.
De la même façon il nous décrit la réaction de Victor, avec cette même pudeur. Il énonce tous les sentiments qui traversent le jeune garçon, son apathie, son réapprentissage de la vie, petit à petit, sans qu’il s’en aperçoive. On sent que chaque mot a été choisi avec soin, sélectionné. Et l’ensemble ne peut manquer de toucher la lectrice que je suis.
Mais Mr Le Corre ne se contente pas de parler des sentiments de ses protagonistes, il construit avec soin une intrigue solide, riche en rebondissements, en tension. Le suspens prend corps, peu à peu, et le lecteur sent en même temps que le policier et l’enfant l’étau se resserrer. Comme les protagonistes, le lecteur se sent piégé, et s’interroge : mais qui a tué Nadia ? Et pourquoi ? Et surtout, qui est l’homme qui poursuit Pierre Vilar ?

Une lecture coup de cœur et coup de poing donc, un livre où psychologie et suspens sont dosés avec minutie pour donner une lecture à faire sans tarder !