mardi 17 février 2015

Nous tous sommes innocents. (Cathy Jurado-Lécina)


Détails sur le produit


  •  Nous tous sommes innocents. (Cathy Jurado-Lécina)
  • Broché: 205 pages
  • Editeur : Les Editions Aux forges de Vulcain (8 janvier 2015)
  • Collection : Littératures
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2919176870
  • ISBN-13: 978-2919176878

Mon résumé et mon avis:
Pas besoin d’être un devin pour savoir que ça allait mal finir. Quand on vous refuse le droit d’être enseignant, puis celui de vous marier avec la femme qui vous plaît, qu’on vous force à rester à la ferme…. que faire ?
Au fond l’histoire de Jean, c’est cela, une suite de refus. Rajoutez-y un père qui devient fou, une sœur acariâtre qui décide un jour de couper la famille du village, une mère un peu faible de caractère, et une jeune sœur un peu folle… Et vous comprendrez que la folie était inexorable.
Ça aurait pu être un livre déprimant, mais l’auteur possède un talent. Par ses phrases concises, percutantes, elle arrive à créer un texte quasi poétique (la poésie peut naître de la douleur, non ?), en tous cas envoûtant, qui prend aux tripes comme on dit.
Avec Jean j’ai eu mal, j’ai eu envie de crier, de hurler, de fuir. Mais comme lui j’ai eu les pieds englués dans la boue de la ferme.
Et au milieu, comme une fleur dans le désert, la relation entre Jean et sa petite sœur. Paule…havre de paix et d’innocence au milieu du désespoir et de la douleur. Paule, sorte de lumière dans la noirceur, nuage blanc dans le ciel d’orage. Paule, la folle, qui semble pourtant être la plus raisonnable de toute, comme si fuir dans un autre monde était la seule issue possible pour continuer à vivre au cœur de la ferme des Passereaux. Être folle pour ne pas le devenir…
Comment ne pas être émue par la relation entre Jean et Odette? Une relation au-delà des mots. Des échanges silencieux plus forts que tous les autres…..
Un livre qui reste en mémoire…..

Un grand merci à Mme Viviane du Guiny, des éditions ‘ Aux forges de Vulcain ‘ pour cette découverte  et pour son petit message joint au livre !!!

Citations: 
 
«  Pour Jehan Martin , un instituteur était un badaud, quelqu’un qui n’avait rien de mieux à faire que parler dans le vide, en agitant des mains de fille, pour ennuyer les autres avec ses discours, et à qui l’orgueil faisait croire qu’on trouvait dans les livres réponse à tout. Un peu comme le curé. »

« Personne ne les a jamais entendus parler, mais on voyait bien, nous, qu’ils étaient les rois, que rien ne pouvait leur arriver. Il passait entre eux quelque chose d’invisible et de ténu comme un souffle. Quelque chose d’implacable et de fort. »
«  Odette était ce que Jean n’était pas : elle était pure et une, il était mêlé et tourmenté. »

«  En réalité, ce qui le fascinait plus encore que les mythes eux-mêmes et ce  qu’ils étaient censés révélés, c’était leur pouvoir d’attraction sur ses camarades, leur capacité à les plonger tous dans une fascination où s’avalaient le temps et l’espace, entraînant les enfants qu’ils étaient dans un effroi proche de l’hébétude. »
«  Dans son esprit d’enfant, les récits mettaient en ordre ce qui, dans le petit univers étriqué qui était le sien, n’en avait pas, et ils nouaient aussi ce petit monde avec le grand monde, celui qui commençait au-delà des Passereaux, au-delà du village et des grandes étendues de champs couvertes de corbeaux. »
«  Quelque chose s’est effondré, émietté. Quelque chose de Jeannot s’est pulvérisé, et ensuite n’a fait que se disperser peu à peu, comme une nuée de poussière dans le vent. »

« Soudain il découvre ceci que demain sera semblable, et après demain et tous les autres jours. Et cette irrémédiable découverte l’écrase. Ce sont de pareilles idées qui vous font mourir. Pour ne pouvoir les supporter, on se tue – ou, si l’on est jeune, on en fait des phrases. » Albert Camus.

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