
- Trente- six chandelles ( Marie-Sabine Roger)
- Broché: 277 pages
- Editeur : Editions du Rouergue (20 août 2014)
- Collection : La brune
- Langue : Français
- ISBN-10: 2812606819
- ISBN-13: 978-2812606816
Mon résumé :
Depuis
qu’il est enfant, Mortimer sait qu’il ne les soufflera pas ses trente six
bougies sur son gâteau d’anniversaire. Il n’a pas eu besoin de faire appel à
une voyante pour savoir ça. C’est dans ses gènes. Comme tous les hommes de sa
famille depuis au moins 4 générations, il mourra le jour de ses 36 ans.
Sachant
cela, il a tout prévu, son costume, ses obsèques, la résiliation de son bail et
de ses divers abonnements… Toute sa vie s’est organisée autour de cette mort
annoncée.
Mais
voilà, à 36 ans et une minute, il est toujours vivant. Pourquoi ? Que
faire ?
Mon avis
Ai-je
aimé ou pas aimé ce livre, me voila bien incapable de me prononcer… Pourquoi ?
D’abord
parce que j’ai eu du mal à ressentir de la sympathie pour le personnage
principal Mortimer Decime. Pour tout
dire, il m’a même à plusieurs reprises énervée et ennuyée. J’ai trouvé
enquiquinant le temps qu’il passe à ressasser l’histoire, certes
extraordinaire, de ses ancêtres. J’ai eu à plusieurs reprises l’impression de
tourner en rond, que l’histoire n’avançait pas, qu’il ne se passait rien ni en
terme d’action ni en terme de « progression psychologique ». Il m’a énervé à s’apitoyer autant sur son
sort, alors qu’il a auprès de lui des gens en or.
Mais d’un autre coté, j’ai adoré son humour
sarcastique, assez proche du mien, son sens de l’auto dérision et de la bonne
remarque.
Ceux
pour qui j’ai vraiment ressenti beaucoup de tendresse ce sont les personnages
de Nassardine et Paquita.
Ils
forment un couple improbable.
Elle,
elle s’habille d’une façon que certains qualifieraient de vulgaire, mais elle
le fait sans arrière pensée. C’est une tendre .Elle, est candide au sens
positif du terme. Elle est presque une mère pour Mortimer, prête à l’aider
coûte que coûte. Elle est aussi généreuse
dans ses formes que dans ses actes (
elle fait les crêpes dans le camion-crèpes qu’elle a acheté avec Nassardine)
Lui,
il est immigré en France. Il abandonné tous les siens à l’âge de 19 ans pour
devenir ouvrier sur des chantiers. Lui aussi c’est un tendre, un rêveur. Une
sorte de père pour Mortimer.
Ils forment le couple d’amis idéal : couple adorable, toujours là pour soutenir, pour écouter sans jamais juger…. J’ai vraiment craqué pour eux.
Ils forment le couple d’amis idéal : couple adorable, toujours là pour soutenir, pour écouter sans jamais juger…. J’ai vraiment craqué pour eux.
J’ai
eu plaisir aussi à retrouver l’écriture de Marie Sabine Roger. Je trouve que
ses traits d’humour amènent toujours le lecteur à s’interroger sur des
évidences pas si évidentes, ils l’amènent en douceur, l’air de rien à se
remettre en questions, toujours avec humour. J’aime la douceur de cette
écriture, la tendresse de l’auteur pour ses personnages qui perce à travers les
mots. Et j’aime aussi les personnages un peu atypiques, originaux mais toujours
au grand cœur qu’elle nous fait rencontrer.
Elle
nous décrit une belle histoire d’amitié-amour
en fait. Le couple Paquita – Nassardine a en quelques sortes «
adopté » Mortimer. Il est pour eux l’enfant qu’ils n’ont pas eu. Alors
amour/amitié entre ces trois, je ne saurais dire mais en tout cas c’est un beau
sentiment qui les unis, une belle « histoire ».
En
fait, je crois que je m’attendais à quelques choses de complètement autre quand
j’ai lu le résumé de ce livre. Je m’attendais à ce qu’il y ait plus de choses sur la suite de la «
non-mort » de Mortimer, alors que l’accent est beaucoup mis sur la façon
dont il a vécut en attendant la date fatidique. J’ai plus apprécié le livre à
partir du moment où Mortimer commence à vivre cet après, à s’interroger sur ce
qu’il pourrait faire du temps qui s’offre à lui, sur la raison pour laquelle il n’est pas mort
à 36 ans contrairement à ses ancêtres. Mais cette partie est un peu courte,
alors je suis restée sur la fin et je me suis sentie un peu frustrée en
tournant la dernière page.
Certains
livres vous plaisent d’emblée, d’autres vous déplaisent dès la première page.
Mais il y a une catégorie de livres pour laquelle il est plus qu’intéressant de
« s’obliger » à rédiger une critique pour d’autres lecteurs. Trente-six
chandelles fait parti de cette 3ème catégorie et rédiger cette
critique m’aura été plus qu’utile.
Car
finalement « c’est pas si pire » comme dirait des enfants. Je n’ai
pas pu adorer ce livre par ce que j’avais développé trop d’attente en lisant le
résumé. Mais je l’ai bien aimé quand même !!!!!!!!
J’ai
lu ce livre dans le cadre des matchs dela rentrée littéraire en organisé par Priceminister . J’attribue la note de 4,5 sur
5 :
- Qualité de l’écriture 5 / 5
- Plaisir à la lecture 3,5 /5
- Originalité du livre 5 /5
Citations :
« Ils
ne sont jamais descendus du manège, les deux vieux amoureux de la fête foraine.
Ce sont de vrais veinards. Le temps a beau passer, les flonflons jouent pour
eux du matin jusqu’au soir. »
« Paquita
est irracontable. »
« Il
y a des gens comme ça. Rien de mauvais en eux, rien de vraiment médiocres,
seulement quelques défauts d’enfants, brouillons, inattentifs, crédules pleins
d’espoirs, possessifs, capricieux. Trop sincères. »
«
Pour elle, le printemps arabe est une saison touristiques à l’instar de l’été
indien. »
«
Sa mort lui avait pourri la vie. »
« Je
viens de planter ma mort, mais ça va redémarrer. »
«
Tu vois, fils, la médecine a beau faire des progrès tous les jours, on n’a
encore rien trouvé contre la connerie. A
voir le nombre de gens atteints, ça mériterait pourtant qu’on vote des
crédits. »
«
Nassardine ne parlait pas souvent de lui. Pas parce qu’il était pudique, mais
parce qu’il n’imaginait pas un seul instant pouvoir intéresser
quelqu’un. »
« Il
fallait se résoudre à voir filer les heures, vivre sa vie de grain de sable
dans l’entonnoir du sablier. »
« Je
m’étais donc résolu à mourir, consoler par le fait que c’était encore loin, et
que je n’étais pas le seul à y être obligé, car nous sommes tous égaux sur la
destination à défaut de l’être vraiment sur le choix de l’itinéraire ».
«
L’ensemble de l’étage était climatisé à l’ancienne, froid l’hiver, chaud l’été,
ce qui me permettait de vivre en profonde harmonie avec la ronde éternelle des
saisons. »
«
Il y a des jours, comme ça, qui changent en jours d’avant tous ceux qui ont
précédé et font des jours d’après tous ceux qui suivront. »
« Cette
fille, c’était du papier d’alu entre deux couronnes dentaires, une coupure de
l’index sur une feuille de papier, une gerçure aux lèvres qui se fend quand on
rit. Une chose insignifiante avec un potentiel d’emmerdement énorme. »
«
Ni belle ni jolie mais tellement plus que ça. »
«
- J’ai toujours eu une tête à chapeaux.
Je
lui ai répond que c’était mieux que d’avoir une tête à claques. »
«
Elle croyait à des choses futiles, la générosité, l’altruisme, l’amour. Elle avait un moral en
Teflon.
Mes arguments mesquins, mes points de vue toxiques glissaient sur elle sans
jamais accrocher. »
«
Les secrets de famille sont de noirs araignées qui tissent autour de nous une
toile collante. Plus le temps passe, plus on est ligoté, bâillonné, serré dans
une gangue. Incapable de bouger, de parler.
D’exister. »
«
Tourner la page ne sert pas à grand-chose quand c’est le livre entier que l’on
voudrait changer. »
«
Qu’est ce que ça veut dire ça, « se tromper de vie » ? tu crois
qu’on a une vie particulière à vivre toi ? Une vie qui nous est
réservée ? Tu crois qu’à la naissance on nous donne un dossard, une gourde
et un itinéraire ? Et si tu te trompes au carrefour, tu es
disqualifié ? »
«
Si les liens du cœur prenaient racines au fond des estomacs, on appellerait
« maman » toutes les dames de cantine. »
Il m'attend dans ma PAL.
RépondreSupprimeralors je vais attendre votre critique!
SupprimerAh oui, j'ai adoré aussi ce couple improbable ;)
RépondreSupprimeret qu'avez vous pensé du personnage principal?
SupprimerMalgré les bémols je le lirai car Marie Sabine Roger a toujours l'art de la formulation, des phrases qui font mouche.
RépondreSupprimerAvec moi, il a raté son entrée : je sortais des Singuliers, d'Anne Percin, alors je l'ai vaguement commencé mais je n'accrochais pas, j'ai vu que ça partait dans plein de retours en arrière alors que, comme toi, j'attendais l'"après", donc j'ai laissé tomber. Pas le bon moment (et trop bons souvenirs de "Bon rétablissement" et "Vivement l'avenir" : j'ai eu l'impression, à tort peut-être, que celui-ci ne serait pas aussi bien).
RépondreSupprimerUne lecture sympathique, mais peut-être qu'on en attendait plus en effet, au niveau du personnage principal, de l'intrigue et de son développement, car l'intrigue était plutôt prometteuse à vue de nez comme ça. Enfin, heureusement que le style de l'auteure est savoureux, ainsi que son humour.:-)
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