vendredi 30 décembre 2016

Dieu 2.0, Bye Bye internet ( Henri Duboc)



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  • Dieu 2.0, bye bye internet ( Henri Duboc) 
  • Editions Lajouanie
  • Parution : 23 septembre 2016
  • Prix : 19 euros
  • Format : 13 cm x 19 cm.
  • 400 pages
  • ISBN: 978-2-37047-0744



Mon résumé :
Quand il est confronté à un cataclysme, l’être humain cherche un responsable. Et cela, même si aucun ne peut être désigné. Qui accuser dans le cas d’une catastrophe climatique ou géologique par exemple ?
Août 2058, alors que Gabriel subit une banale opération chirurgicale, alors que Yosa et son amie sont en randonnée dans le Yosemite National Park… la terre tremble.
C’est « The Big One ». Le tremblement de terre anticipé depuis si longtemps par les scientifiques sans que personne n’ait jamais pu en dater précisément la survenue. Anticipé, certes, mais si les prévisions annonçaient la destruction de Los Angeles, la réalité est plus grave. Une partie du monde est rayée de la carte.
Des morts, des blessés et des réfugiés climatiques par milliers. Et malgré des technologies très avancées, l’incapacité du reste du monde à faire face. Comment et où accueillir les réfugiés ? Comment pourvoir à leurs besoins vitaux ?
Malgré les tentatives d’alliance des grandes nations encore existantes, la violence et les épidémies se propagent. Des conflits éclatent aux frontières des pays encore existants. Malheurs et désolations, un terrain favorable pour le développement des croyances les plus farfelues. Et puisqu’il faut trouver un responsable, certains commencent à accuser la science et les nouvelles technologies…

Mon avis :
Le classification « roman d’anticipation mais pas que » est diablement bien choisie pour cet OLNI.
La construction de ce roman est une fois de plus assez atypique : des va-et-vient entre le « passé » (celui du récit) et le futur. Deux histoires qui se déroulent en parallèle, mais à 200 ans d’écart. Et pourtant, au final c’est comme si elles se faisaient écho ; l’une anticipant les conséquences des décisions prises dans la première. Cela vous semble un peu étrange ? Ne vous inquiétez pas car au final c’est assez facile à suivre.

L’auteur décrit très bien la façon dont l’humanité peut passer d’un extrême à l’autre, d’un monde tourné vers le tout technologique, où l’informatique est roi et même dieu (un Dieu 2.0 ??) à un monde où cet informatique est décrié et banni.
Tout cela à cause d’un tremblement de terre, d’un évènement qui fait prendre conscience à l’humain qu’il ne maîtrise pas tout, qu’il est petit.
Au fil des pages, c’est aussi une manœuvre de manipulation des foules que l’on voit se mettre en place. On voit comment l’homme est influençable, à quel point vulnérabilité et manipulation vont de pair. C’est à travers la vie quotidienne de Gabriel et de Yosa que l’auteur décrit le mieux les stratagèmes mis en place, pour « manipuler » les foules à travers les technologies. Il décrit avec une précision et un réalisme inquiétant la façon dont on peut « créer » une nouvelle religion, de nouvelles croyances et les répandre.
Le sentiment de réalisme qui ressort de ce livre le rend assez « inquiétant » je trouve . Mais il pousse à s’interroger sur notre utilisation des nouvelles technologies, notre dépendance toujours plus grande à internet et aux réseaux de communication. L’informatique doit il gérer les relations humaines ? Comment en avoir une utilisation raisonnée et raisonnable ? Il amène à s’interroger sur le monde que l’on veut pour le futur. Il remet au goût du jour les questions sur nos réactions possibles si jamais « the big one »( ou un évènement comparable) avait lieu demain. Comme le dit la chanson de Jean-Jacques Goldman aurions-nous « l'âme d'un brave ou d'un complice ou d'un bourreau? »  Et surtout serions-nous « de ceux qui résistent ou bien les moutons d'un troupeau » ?


J’ai trouvé la lecture de ce deuxième opus plus « facile », peut-être parce qu’il y est un peu moins question de l’informatique pur et dur, des sciences et plus de réflexion sur la place de ces 2 « thèmes » dans notre vie quotidienne. J’ai eu plaisir à retrouver Gabriel, un homme étrange qui refuse … de ne pas vieillir dans un monde où la vieillesse est considérée comme une maladie, ainsi que W3 que j’ai senti plus « humain ».
J’espère que l’auteur m’excusera d’avoir tarder à lire ce livre qu’il m’a gentiment dédicacé !!! Vivement le tome 3 !!!
Deux citations pour finir cet article qui, je l’espère, vous aura donné envie de lire cet OLNI
 « Il faut les comprendre  aussi, ils se font du soucis… Nous, les anciens, on peut se permettre de penser au passé. Nous en avons un. Eux n’ont qu’un avenir incertain…ceux sont eux qui vont tout reconstruire, mais ils ne savent même pas … ce qu’il faudrait bâtir ! Et on ne leur a pas laissé de bien belles briques. Ils ont peur…Alors on peut en faire ce qu’on en veut, vous savez. »

Et celle-ci ,de W3 :« la croyance est quelque chose de terriblement beau, et humain. Parce que c’est mettre de l’espoir là où il n’y en a plus aucun. »

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