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vendredi 12 mars 2021

Ce matin-là ( Gaëlle JOSSE)

Ce matin-là par Josse    

  • EAN : 9782882506696
  • 215 pages
  • Éditeur : Notabilia (01/01/2021)

Mon résumé :

Un poste à responsabilité dans une société de crédit. Un petit ami nommé Thomas, Clara a tout ce qu’il faut pour, à 32 ans, être une jeune femme épanouie.

Oui mais voilà, un matin la belle mécanique s’enraye. Sa voiture ne démarre pas sur le parking. Un peu de retard n’a jamais tué personne allez-vous dire… Mais, ce matin-là, comme en miroir, c’est le corps de Clara qui refuse lui aussi de faire le trajet jusqu’à son bureau. Et les jours d’après, le manque d’envie va devenir une impossibilité puis une incapacité. S’occuper de soi, se faire à manger, communiquer même avec les autres (collègues, famille, Thomas) devient une épreuve…   

Mon avis :

Se lever, aller travailler, avoir une vie sociale, rentrer chez soi... et le lendemain recommencer. Un train-train que nombre d’entre-nous connaissent. Mais voilà, comment faire quand la mécanique s’enraye à cause d’un grain de sable ? Avec l’histoire de Clara, c’est le récit d’un « classique » burn-out que nous fait Gaëlle Josse, le récit malheureusement banal des conséquences d’une trop grande pression professionnelle. Quand tout ce qui semblait évident la veille, devient compliqué, quand tout à coup plus rien n’a de sens.  Quand le moindre acte du quotidien  ( s’habiller, se faire à manger… ) devient une épreuve.S’il y a souvent un élément déclencheur ( pour Clara sa voiture qui refuse de démarrer) on sait aussi qu’avant, les signaux précurseurs sont souvent nombreux… mais on se refuse de les voir.

Gaëlle Josse interroge aussi le lecteur : si la descente peut être brutale, comment remonter la pente ? Sur quelles fondations reconstruire se vie quand les anciennes n’existent plus ? quels modèles suivre ?  Peut-on le faire seul ?

J’ai aimé le personnage de Clara, suivre cette jeune femme dans sa descente aux enfers mais aussi dans sa lente remontée vers la lumière. J’ai aimé les personnages de cette histoire, qui font ce qu’ils peuvent pour mener leur vie, pour avancer eux aussi sur leur propre chemin.

C’est un peu le message que nous adresse l’auteur de ce livre : il n’y a pas de vie parfaite. Il faut se méfier des apparences.  On tient debout un peu comme un équilibriste sur un fil…… A certaines périodes le-dit équilibre est moins facile à tenir. Parfois même entouré on se retrouve seul… Mais l’essentiel est d’accepter de chuter et de prendre le temps de remonter la pente…
Et parfois des virages s’imposent.

Un livre intéressant à lire, mais qui peut toucher des points sensibles…

mardi 26 février 2019

Et boire ma vie jusqu’à l’oubli (Cathy Galliègue)


Et boire ma vie jusqu'à l'oubli

 
  •  Et boire ma vie jusqu’à l’oubli (Cathy Galliègue)
  • Broché: 250 pages
  • Editeur : COLLAS (5 octobre 2018)
  • Collection : EMMANUELLE COLL
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2490155075
  • ISBN-13: 978-2490155071






Mon résumé :
Il y a 5 ans, Betty a perdu Simon. Brutalement. Pour tenir le coup, pour tenter de continuer d’avancer, elle s’est mise à boire. Tous les soirs, quand leur fils, Raphaël dort, elle enlève le masque, ouvre une bouteille, et se sert un verre, puis un deuxième… jusqu’à être complètement ivre.
Jusqu’à ce que la douleur soit anesthésiée. Jusqu’à ce qu’elle oublie tout, l’enfance, la disparition de sa mère, les questions sans réponse…  et la douleur.
Le matin, elle remet le masque, joue la comédie pour son fils, ses proches.

 Mon avis :
La lecture des premières lignes a failli me faire abandonner… J’ai eu peur de ne pas accrocher au récit de cette femme qui boit et qui parle à Françoise Sagan.
Et puis le rythme des phrases, la puissance de mots, la puissance des émotions m’ont emportée.
Je me suis attachée à Betty, à cette femme forte qui essaye tant bien que mal de faire face, qui tente de continuer la route, de trouver le courage de se lever chaque matin, pour son fils. Elle reconnaît ses failles, les admet. J’ai aimé sa façon de revisiter son passé, pour essayer de comprendre, de savoir. Comment ne pas être touchée par le récit de son enfance, de sa relation à son père, à sa grand-mère (qui m’a fait penser à mes grand-mères à moi, qui m’a rappelé des souvenirs d’enfance que j’aurais cru perdus, dissous dans ma mémoire.)
La mémoire, ou plutôt les mémoires comme dit Betty, cette chose jamais figée, toujours en évolution et que l’on revisite sans arrêt, sans le vouloir ou le savoir.
Cette mémoire qui peut nous aider à avancer, en nous rappelant les bons souvenirs, ou nous renvoyer en pleine face nos erreurs, les mauvais moments, les mauvaises décisions.
L’oubli est parfois salvateur pour avancer, mais il est parfois un empêcheur d’avancer justement, car il empêche de trouver les réponses aux questions que l’on se pose.
Il n’y a pas que Betty qui trottera longtemps dans ma mémoire : il y a aussi son père et les choix qu’il a fait, il y a Simon même s’il est décédé au début du livre.

Que dire de plus ? Que ce livre n’est pas un récit d’ivrogne, ou plein de mièvrerie, il est le récit d’une femme blessée, qui tente de s’en sortir comme elle peut. Il parle de l’amour familiale, du pouvoir de l’amour.
Il aborde le sujet des choix que l’on fait ; ceux que l’on pense bons sur le moment, mais qui ne le sont pas toujours à terme. Il parle du poids du silence, celui qui nous empêche d’aller à la rencontre de ceux que l’on aime, celui qui, sous prétexte de respect de la vie privée, nous voile les yeux, nous empêche de voir la souffrance des autres.
Il rappelle aussi que l’on ne connaît souvent de l’autre, que ce que cet autre nous laisse connaître de lui.  
Merci Mme Galliègue pour ce magnifique récit, pour ces mots qui prennent aux tripes. Merci pour la grand-mère de Betty qui m’a rappelé mes petites mamies à moi, de moments apparemment banals que j’ai partagé avec elles et qui sont maintenant aussi précieux que des trésors…
« La petite vie d’une femme qui a fait de moi une grande »

samedi 9 février 2019

Le bus ( Mélanie Richoz)


Le Bus: Roman

 
 
  •  Le bus ( Mélanie Richoz)
  • Broché: 144 pages
  • Editeur : Editions Slatkine (29 août 2018)
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2832108814
  • ISBN-13: 978-2832108819



Mon résumé :
Cerise est belle, élancée, gracieuse. Elle plaît aux hommes. Adolescente déjà c’était une jolie jeune fille. Depuis que sa jeune sœur a lu son journal intime, elle dessine  ses émotions à la craie, avec des tisons… Elle noircie des pages.
Mais Cerise n’est pas une femme comme les autres. Elle n’est pas comme ses sœurs Jeanne et Léonie. Elle n’a pas d’enfant, elle. Elle n’en aura jamais. Car elle a une « pathologie ». Ses sœurs savent qu’elle a quelque chose de différent, mais rien n’a été dit, vraiment.

  Coup de coeur !!!

Mon avis :
Qu’est-ce qu’être une femme ? Est-ce avoir ses règles tous les mois ? Est-ce être mère ? Est-ce pouvoir le devenir dès l’adolescence ?
Ou bien est-ce pouvoir ressentir du plaisir avec quelqu’un ? avec un homme ? avec une femme ?
Et qu’est-ce qu’être mère ? Nourrir et habiller ses enfants ? Les mettre au monde ? Les aimer ?
Et que transmettre de la maternité et de la féminité à sa ou ses filles ? Comment le transmettre ?
Dans ce trop court livre il est question de tout cela. Il est aussi question de s’accepter soi-même pour être acceptée par les autres. Il est question des silences qui empêchent d’avancer ou qui coupent les ailes. Il est question de la difficulté, pour une mère, d’accepter que sa fille devienne une femme, qu’elle découvre le plaisir, qu’elle vive une histoire avec un homme.
Il est question de relation entre sœurs, de descendance.
Un livre trop court, des portraits de femmes magnifiques qui se construisent comme elles peuvent, chacune avec ses interdits et ses tabous, avec ses désirs…
Et des mots qui frappent au cœur, au ventre. Des mots qui suscitent la réflexion….
Un grand merci à Mélanie Richoz, pour ses mots si justes, pour sa sensibilité et son respect pour ses personnages.
J’espère qu’elle acceptera mes excuses pour avoir tant tarder à parler de ce que j’avais pourtant dévoré dès réception… en août dernier. Ma deuxième lecture, il y a quelques jours, m’a permis de mieux le savourer, de mieux comprendre chacun des personnages !

Au fil des pages ….

« A son avis, sans le verbe, l’autre se réfère d’avantage à lui, à ce qu’il ressent, et non à ce qu’il croit comprendre d’un récit extérieur, soumis trop vite au jugement.
On est fort pour ne s’en tenir seulement qu’aux mots,
toujours aux mots
et rien qu’aux mots…
Aux mots qui banalisent l’émotion en intellectualisant les petits bonheurs comme les grosses déceptions. Rationaliser, polir.
Barricader.
Exagérer, déjouer.
Mentir. »
« Dès lors, j’ai anticipé le pire, afin de pouvoir y faire face au cas où. »
« En donnant la vie j’ai pris conscience de la mort » 
« Toutes ces années, Cerise s’est donc construite sur un tabou qui, entre l’inexpliqué et l’inexprimable, creuse le sillon des non-dits et des quiproquos qui confinent à la honte. »
« L’accumulation des absences avait fini par creuser les fêlures du manque par lesquelles s’écoulaient même les instants les plus pleins.
Maintenant c’est le manque qui lui manque. »
« Des larmes d’enfant
des larmes d’hier
pour une mère dont j’ai fait le deuil il y a plusieurs mois mais que je continue à perdre chaque jour. »
« Le bonheur, comme un chat fuit si on le course, mais c’est sans compter l’apprivoiser.
Sous les caresses, le chat ronronne, non ? »
 

dimanche 29 avril 2018

Toxique (Niko Tackian)


Toxique

  •  Toxique (Niko Tackian)
  • Poche: 320 pages
  • Editeur : Le Livre de Poche (3 janvier 2018)
  • Collection : Thrillers
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2253092681
  • ISBN-13: 978-2253092681




Mon résumé :
Une directrice d’école maternelle qui se fait étrangler dans son bureau, un éducateur en fuite... rien de bien complexe.
Mais Tomar Khan, surnommé le Pitbull à la Crime « sent » autre chose, quelque chose de plus complexe. Pourtant, étant donné l’état de sa vie personnelle, une enquête simple n’aurait pas été de refus…

Mon avis :
 Tentée par ce livre depuis longtemps je n’étais pas passée à l’acte… jusqu’à ce que l’auteur sorte un autre opus avec les mêmes personnages… et qu’un peu radine je me dise qu’il valait mieux être déçue par un poche que par un grand format… Et je n’ai pas été déçue… et au contraire j’ai même été convaincue d’acheter le grand format.
Un personnage principal, l’enquêteur, au passé sombre, tourmenté. Un personnage principal pourtant sensible sous la croûte, au point de fleurter avec la légalité…
Des personnages moins principaux (mais pas secondaires) attachant. Et sur le fond de cette enquête un regard mesuré sur les personnalités troublées (vous comprendrez en lisant). Pour enrober le tout une écriture sans fioriture !
Un coup de cœur !!!