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samedi 9 février 2019

Le bus ( Mélanie Richoz)


Le Bus: Roman

 
 
  •  Le bus ( Mélanie Richoz)
  • Broché: 144 pages
  • Editeur : Editions Slatkine (29 août 2018)
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2832108814
  • ISBN-13: 978-2832108819



Mon résumé :
Cerise est belle, élancée, gracieuse. Elle plaît aux hommes. Adolescente déjà c’était une jolie jeune fille. Depuis que sa jeune sœur a lu son journal intime, elle dessine  ses émotions à la craie, avec des tisons… Elle noircie des pages.
Mais Cerise n’est pas une femme comme les autres. Elle n’est pas comme ses sœurs Jeanne et Léonie. Elle n’a pas d’enfant, elle. Elle n’en aura jamais. Car elle a une « pathologie ». Ses sœurs savent qu’elle a quelque chose de différent, mais rien n’a été dit, vraiment.

  Coup de coeur !!!

Mon avis :
Qu’est-ce qu’être une femme ? Est-ce avoir ses règles tous les mois ? Est-ce être mère ? Est-ce pouvoir le devenir dès l’adolescence ?
Ou bien est-ce pouvoir ressentir du plaisir avec quelqu’un ? avec un homme ? avec une femme ?
Et qu’est-ce qu’être mère ? Nourrir et habiller ses enfants ? Les mettre au monde ? Les aimer ?
Et que transmettre de la maternité et de la féminité à sa ou ses filles ? Comment le transmettre ?
Dans ce trop court livre il est question de tout cela. Il est aussi question de s’accepter soi-même pour être acceptée par les autres. Il est question des silences qui empêchent d’avancer ou qui coupent les ailes. Il est question de la difficulté, pour une mère, d’accepter que sa fille devienne une femme, qu’elle découvre le plaisir, qu’elle vive une histoire avec un homme.
Il est question de relation entre sœurs, de descendance.
Un livre trop court, des portraits de femmes magnifiques qui se construisent comme elles peuvent, chacune avec ses interdits et ses tabous, avec ses désirs…
Et des mots qui frappent au cœur, au ventre. Des mots qui suscitent la réflexion….
Un grand merci à Mélanie Richoz, pour ses mots si justes, pour sa sensibilité et son respect pour ses personnages.
J’espère qu’elle acceptera mes excuses pour avoir tant tarder à parler de ce que j’avais pourtant dévoré dès réception… en août dernier. Ma deuxième lecture, il y a quelques jours, m’a permis de mieux le savourer, de mieux comprendre chacun des personnages !

Au fil des pages ….

« A son avis, sans le verbe, l’autre se réfère d’avantage à lui, à ce qu’il ressent, et non à ce qu’il croit comprendre d’un récit extérieur, soumis trop vite au jugement.
On est fort pour ne s’en tenir seulement qu’aux mots,
toujours aux mots
et rien qu’aux mots…
Aux mots qui banalisent l’émotion en intellectualisant les petits bonheurs comme les grosses déceptions. Rationaliser, polir.
Barricader.
Exagérer, déjouer.
Mentir. »
« Dès lors, j’ai anticipé le pire, afin de pouvoir y faire face au cas où. »
« En donnant la vie j’ai pris conscience de la mort » 
« Toutes ces années, Cerise s’est donc construite sur un tabou qui, entre l’inexpliqué et l’inexprimable, creuse le sillon des non-dits et des quiproquos qui confinent à la honte. »
« L’accumulation des absences avait fini par creuser les fêlures du manque par lesquelles s’écoulaient même les instants les plus pleins.
Maintenant c’est le manque qui lui manque. »
« Des larmes d’enfant
des larmes d’hier
pour une mère dont j’ai fait le deuil il y a plusieurs mois mais que je continue à perdre chaque jour. »
« Le bonheur, comme un chat fuit si on le course, mais c’est sans compter l’apprivoiser.
Sous les caresses, le chat ronronne, non ? »
 

dimanche 5 janvier 2014

La muette (Chahdortt Djavann)



Détails sur le produit

  •  La muette (Chahdortt Djavann)
  • Poche: 124 pages
  • Editeur : Editions 84 (31 août 2011)
  • Collection : J'ai lu Roman
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2290014788
  • ISBN-13: 978-2290014783




«  J’ai 15 ans, je m’appelle Fatemeh, mais je n’aime pas mon prénom. Je vais être pendue bientôt… »
Voila comment commence ce livre coup de poing de Chahdortt Djavann. Un livre qui prouve encore une fois que la quantité de texte n’est pas proportionnelle avec la force de celui-ci……

Son tort à Fatemeh c’est d’être née dans l’Iran de mollahs. Sa «  malchance » c’est d’avoir été élevée auprès de sa tante, «  la Muette » comme tout le monde l’appelle au village.
Une femme qui certes a décidé de ne plus parler depuis qu’elle a assisté à des actes violents. Mais une femme qui, un jour tombe amoureuse d’un homme…. 
Fatemeh, depuis la prison où un gardien lui a gentiment fait passer de quoi écrire, nous la décrit ainsi : «la muette ne faisait rien comme tout le monde, elle ne ressemblait à personne. Les gens la croyaient folle parce qu’elle avait des attitudes libres et contradictoires. Elle se moquait complètement des interdits. […] elle était toujours tête nue »

Je crois que je n’en dirai pas plus, sauf que l’auteur nous dresse ici  2 portraits de femmes inoubliables…..

dimanche 17 novembre 2013

A l’ombre du secret (Frédérique Maher)



 


  •  A l’ombre du secret  (Frédérique Maher)
  • Broché: 156 pages
  • Editeur : Velours (13 septembre 2013)
  • ISBN-10: 2351674812
  • ISBN-13: 978-2351674819




Résumé :
En prenant l’avion pour New York, la jeune femme sait qu’il n’y aura pas de voyage retour. Peu importe, elle se doit d’accomplir sa vengeance, d’aller jusqu’au bout de son plan. Sa maman a trop souffert, toute sa vie durant pour que elle, sa fille, laisse les actes impunis. Tant pis pour les conséquences sur sa vie à elle.

Mon avis :
Aussitôt dédicacé ( !!!!) et acheté, aussitôt dévoré. J’avoue avoir été fortement intriguée dès les premières lignes.
Si l’idée de départ, les secrets de famille, semble rebattue, voir même usée, le traitement qui en est fait ici est assez inhabituel. Le personnage principal de Clara ne m’a pas du tout apitoyé, je n’ai pas ressenti d’empathie pour elle (elle m’a même parfois énervée par son comportement, ses réactions). D’autres personnages aussi m’ont énervée. Je crois que j’ai préféré celui de Paula (mais je ne dirai pas qui elle est pour ne pas trop éventer le secret).
Dans cette histoire, il n’est pas seulement question de non-dits et de secrets ? Il est aussi questions des mensonges et des promesses. Les promesses que l’on fait aux autres, que l’on se fait à soi-même (les plus dures à ne pas tenir car il est difficile de se trahir soi-même). Il est questions des conséquences de ces promesses sur ceux qui nous entourent. Les dommages collatéraux en quelques sortes. Occulter la vérité c’est induire les autres en erreur, les mettre sur une fausse piste. En faisant cela on leur dénie le droit, la possibilité de pouvoir réagir de façon mesurée, adaptée, juste….
Au cours de ma lecture, je me suis maintes fois demandée comment le personnage (et l’auteur) allait se sortir de cette situation, comment tout cela pouvait bien finir… Et si la fin m’a un peu surprise, je trouve que c’est la meilleure que l’on pouvait trouver, la seule valable. 

Merci à l'auteur pour sa gentille dédicace... j'espère qu'elle ne sera pas trop déçue de ma critique...