vendredi 13 août 2021

La Falaise (Ghislaine Roman)

 Couverture du livre La falaise de Ghislaine Roman - ISBN 9791096935871

La Falaise (Ghislaine Roman) 

  • Collection :
  • Date de parution : 15 avril 2021
  • N° d'édition : 1
  • ISBN : 979-10-96935-87-1
  • Nombre de pages : 132
  • Prix : 11,50 euros TTC
  • Format : 14 × 19 cm


Mon résumé

Charlotte a 15 ans. Sa vie s’écoule entre sa famille (ses parents et sa petite sœur de 6 ans) et le garçon dont elle est amoureuse Pablo. Elle apprend par le journal qu’un professeur de l’école de musique vient d’être arrêté pour attouchements. Un fait pas si divers que ça, car sa mère a été son élève, et a été abusée elle aussi 30 ans auparavant. Comme des dizaines de femmes depuis….

Mon avis :

 Le sujet des attouchements et des viols est « heureusement » devenu un « classique » dans la littérature pour les ados. Heureusement car cela permet d’ouvrir le débat, de briser les tabous et surtout d’alerter les adolescentes et adolescents.  

Ce livre-là aborde le sujet d’une façon un peu originale car l’héroïne n’est pas la victime mais la fille de la victime, et les faits remontent à quasiment 30 ans. Autre originalité, l’accent est mis sur les conséquences que peuvent avoir une plainte. Ce point de vue un peu « externe » permet de déplacer les analyses. Ici j’ai trouvé intéressant l’accent mis sur les réactions des victimes et sur le poids des mots.

Le fait que l’accusé ait sévi pendant plus de 30 ans permet de montrer (s’il était besoin de le faire) que chaque victime différemment : en occultant, en somatisant, en basculant dans la dépression… Cela montre aussi que si on peut apprendre à vivre avec les « blessures », à construire une vie, elles restent toujours présentes et ont des répercussions toute la vie durant.

Un autre aspect intéressant de ce livre se situe au niveau du langage. La mère de l’héroïne se bat tout au long du livre pour faire comprendre à sa fille et aux autres que les mots habituellement employés lorsque l’on rapporte des faits d’attouchement ne sont pas les bons. Qu’ils s’agissent de « caresse », de « cicatrices », des « aveux » des victimes …. Ce sont tous des « mots  tordus ».  Les réflexions que suscitent les propos de la mère de Charlotte sont très intéressantes, même pour nous les adultes !

Ce livre est une lecture réflexive et intéressante à proposer à des ados mais aussi à des adultes … et bien sûr en lecture commune pour susciter le débat et développer la réflexion !

Je remercie les éditions « le Muscadier » et Gabriel Lucas pour cet envoi !!

mercredi 4 août 2021

100 idées pour promouvoir l’autodétermination et la pair-aidance ( Julia Boivin et Marc Blin)

 100 idées pour promouvoir l’autodétermination et la pair-aidance

  • 100 idées pour promouvoir l’autodétermination et la pair-aidance ( Julia Boivin et Marc Blin)Pouvoir décider, dire et agir pour soi. Se soutenir entre pairs, transmettre et partager son expérience 
  • Collection : 100 idées 
  •  Auteur(e)(s) : Marc Blin Julia Boivi
  • ISBN : 9782353452378
  •  216 pages 
  • Format:  13 x 20 cm

Résumé de l’éditeur ( 4ème de couverture)

Pour une fois je choisis de mettre le résumé présent en 4ème de couverture car c’est celui qui me semble le plus clair.

« De nombreux termes sont employés et valorisés lorsque l’on évoque l’accompagnement des personnes dites fragilisées : autodétermination, empowerment, autonomie, pouvoir de dire et d’agir, choisir, décider pour soi, savoirs expérientiels, pair-aidance, participation…

Derrière ce riche vocabulaire, de véritables changements dans les pratiques d’accompagnement et la prise en considération de ces personnes dites fragilisées sont à relever. En effet, depuis plusieurs années, notre gouvernement, les ministères, les organismes d’action sociale, l’ensemble des établissements et services médico-sociaux, les associations qui les gèrent, l’Éducation nationale, et surtout les personnes elles-mêmes demandent à ce que soient posées les bases d’un « vivre ensemble » respectueux de la parole de chacun.

Ces préoccupations (éminemment humanistes) font écho aux mutations engagées autour de l’école et la société inclusives. Elles exigent de l’ensemble des acteurs le partage de conceptions ancrées dans l’accès au droit et l’exercice de la citoyenneté sans entrave ni condition.

Notre ouvrage propose de faire le point sur des concepts de plus en plus utilisés et sur lesquels il convient de se mettre d’accord, et de les mettre en lien avec la « vraie vie » grâce aux personnes elles-mêmes, aux associations et aux professionnels qui ont tous participé à l’écriture de ces idées.

Cela permettra de se saisir de toutes ces idées pour mieux cerner les implications directes qu’elles peuvent avoir sur le quotidien de toutes et tous. »

Mon avis :

Je n’ai pas encore lu ce livre en entier. Comme tous les livres de cette collection (que j’adore même si ce n’est que le 2ème que je « blogue ») il n’est pas possible d’en faire une lecture linéaire, exhaustive.

Il y a en effet 2 façons de le « lire » ce type d’ouvrage : soit en y cherchant une information, une idée précise, soit en le feuilletant, « au gré de l’inspiration ».

J’ai commencé à le lire de façon linéaire mais j’ai été plutôt ralentie. En effet, contrairement aux autres livres de cette collection, j’ai trouvé ma lecture plus compliquée. Les structures de phrases m’ont semblées plus complexes et j’ai dû en relire certaines plusieurs fois pour être sûre de bien comprendre.  De plus, les concepts utilisés sont eux-mêmes complexes : empowerment, autodétermination, pair-aidance et ne peuvent se définir en une phrase. Et paradoxalement, ce qui est dit m’a souvent paru relever de l’évidence, du bon sens.

Si j’ai choisi ce livre lors de la masse critique Babelio c’est parce que l’autodétermination, la pair-aidance, l’autonomie sont des mots qui prennent de plus en plus de place dans ma pratique quotidienne d’enseignante au sein d’un IME et pas seulement parce qu’il s’agit d’une demande de plus en plus forte de la part de l’institution.
Il me semble impossible d’enseigner à des adolescents et jeunes adultes en IME sans avoir en premier objectif de leur permettre de devenir autonomes dans leur vie quotidienne mais aussi et surtout dans leurs prises de décision, dans leurs choix d’avenir.

Les notions de temps, de nécessité « d’entrainement » à la prise de décision sont vraiment soulignées dans ce livre et je trouve cela important.

Les auteurs mettent également en avant la complexité qui peut naitre d’un accompagnement pluridisciplinaire, où chaque professionnel comprend les concepts en fonction du cadre de d’analyse  propre à sa profession.  Une complexité qui fait également la richesse de cet accompagnement et qui permet de répondre au plus près aux différents besoins des personnes porteuses de handicap.

Je remercie les éditions Tom Pousse et le site Babelio pour cet envoi dont je vais pouvoir poursuivre la lecture dans les prochaines semaines.

 

 

lundi 19 juillet 2021

Petite louve (Marie Van Moere)

 

  • Petite louve (Marie Van Moere) 
  • Manufacture De Livres
  • Date de parution :04/03/2021
  • Format:14cm x 20cm
  • EAN  : 978-2358877343
  • ISBN : 2358877344
  • Nombre de pages :272

Mon résumé :

Parce qu’elle a tué un homme, Agathe prend la route de la Corse. Pourtant sa victime n’est pas n’importe qui, c’est Toni, celui qui, quelques mois plus tôt a agressé sa fille de 12 ans. Au volant de son 4x4, elle prend la fuite avec « la petite ». Car elle sait bien, Agathe, que la famille de Toni ne la lâchera pas. Qu’une fois le corps retrouvé, ses frères, sa mère même partiront à sa recherche pour la tuer, elle.  

Mon avis :

Une lecture faite à l’occasion du Comité Petits Editeurs de la médiathèque de ma ville. Une lecture dont je suis bien incapable de dire si je l’ai aimé ou pas. Mais une lecture qui laissera des traces.
 Les « pour » sont du côté des personnages, du suspens, du thème de la vengeance, de l’écriture.

L’écriture… Presque sèche, elle ne laisse au lecteur ni le temps de respirer, ni la possibilité de s’apitoyer. Les phrases s’enchainent, énonçant, « listant » les faits, les actions.  Le tout est comme asséné au lecteur, le laissant quasiment en apnée.

Mais cette rudesse ne laisse pas les sentiments des personnages de côté. Bien au contraire. Leur description précise, pudique à l’extrême les fait paraitre encore plus intenses, plus forts. L’impact sur le lecteur en est décuplé.

Malgré la brièveté du roman, les personnages sont forts. Par leur histoire, par l’histoire qui nait de leurs « rencontres », ils resteront longtemps dans ma mémoire de lectrice. Ce sont des hommes et des femmes qui sont marqués au fer rouge, par leur passé, par leurs familles, par les rencontres précédentes. Ils ont chacun un passé noir, une histoire complexe et « lourde ». Leurs rencontres ne pouvaient que faire des étincelles. Les choix qu’ils vont faire au cours de ce roman seront cruciaux, les marqueront à jamais, les aideront à grandir, à avancer… ou pas.

Pour moi c’est le thème de la vengeance qui est central dans ce livre. La vengeance comme une donnée. A aucun moment, Agathe, ne va remettre en question son choix d’avoir tué l’agresseur de sa fille. A aucun moment les poursuivants d’Agathe ne s’interrogeront. Dans chacun des « camps » la vengeance ne peut être éviter, et la vengeance c’est la mort de l’autre. La Justice ne peut avoir droit de cité dans cette histoire. Et finalement à un aucun moment, du moins avant d’avoir refermé le livre, le lecteur n’a le temps de s’interroger sur ce qu’il aurait fait lui, dans cette situation.  Il ne peut que se laisser mener sur les chemins corses, retenir son souffle en espérant que les morts soient les plus rapides possibles, les victimes collatérales les moins nombreuses … Car la tension est maximale. Les rebondissements sont présents, en juste « quantité ». Et il faut attendre les dernières lignes pour respirer de nouveau.

Mais, au milieu de ce chaos, de cette noirceur, il ressort quand même une impression d’humanité.

 

Les « moins » sont du côté des personnages également. Même si j’ai aimé les personnages, même si j’ai été sensible à leurs histoires, leurs passés, je n’ai pas réussi à m’attacher. Mais peut être était-ce le but de l’auteur, éviter que le lecteur ne s’attache pour qu’il ne ressente que plus intensément l’histoire.

A lire…