mardi 28 avril 2020

Laisse tomber, petit manuel de survie en milieu grabataire (Nick Gardel)


 Laisse tomber : Petit manuel de survie en milieu grabataire




  •  Laisse tomber, petit manuel de survie en milieu grabataire (Nick Gardel)
  • Broché : 212 pages
  • Editeur : Editions du Caïman (26 mars 2019)
  • Collection : Polars
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 2919066730
  • ISBN-13 : 978-2919066735
  • Dimensions du produit : 12 x 1,5 x 19 cm

 Mon résumé :
Tout commence par un homme en équilibre sur une rambarde de balcon à 15 mètres du sol.
Situation peu enviable, n’est-ce pas ? Surtout qu’en regardant bien, on s’aperçoit que l’homme en question est obèse…
Évidemment on peut se demander pourquoi Antoine Spisser (car c’est le nom de cet homme) a choisi de se retrouver dans cette position si inconfortable. En fait, il ne l’a pas vraiment choisi.
Car en fait tout ne commence pas là…mais quelques jours avant.
Au départ, Antoine est juste le locataire, de l’appartement situé au rez-de-chaussée gauche, du 8 allée Auguste Bartholdi. A 50 ans il est plutôt jeune par rapport aux autres habitants de l’immeuble. Avec Yvonne Meursang, Janine Boisnard, Gretta Roggen, Clarisse Desmastien, Carmine Orsini et Marie- Etienne Wolfberg, la moyenne d’âge de l’immeuble est supérieure à 70 ans.
Entre son jeune âge, et la position de son appartement, il n’est pas si incongru que les autres habitants de l’immeuble pensent qu’il en est le gardien. Et il n’est donc pas étonnant que Clarisse Desmastien l’interpelle à propos du lustre de son salon qui dysfonctionne…    

Mon avis :
A propos de Nick Gardel je me pose beaucoup de questions :  à quelle source a-t-il puisé son inspiration ?  Ses personnages sont-ils inspirés de personnes réelles de son entourage ? ou bien de personnes croisées dans son milieu professionnel ? (Il y a de tout dans l’éducation nationale … ;-)) Quel a été l’évènement déclencheur de son histoire… Les évènements qui s’y déroulent sont-ils du vécut ?   Que signifie « enseigner  dans les parties les plus complexes des méandres de l’éducation nationale ? » comme il est précisé dans sa biographie en quatrième de couverture ? 
 Pas mal de questions donc …  Mais il y a une question que je ne me poserai jamais, car je connais la réponse : cet homme sait-il écrire ? Là ma réponse est oui, cent fois oui, mille fois oui !  
Et par savoir écrire je ne parle pas de savoir aligner un sujet, un verbe et un complément et faire en sorte que la phrase obtenue ait un sens. Non je parle de savoir écrire avec un grand E. Je parle de savoir manier la langue française, de savoir l’utiliser pour exprimer sa pensée dans toutes ses nuances. Je parle de connaitre au moins la moitié du dictionnaire, de savoir l’utiliser et surtout de l’utiliser à bon escient ;
Ouvrir ce livre c’est se plonger dans le bonheur de pouvoir déguster des phrases, de devoir les lire plusieurs fois pour être sûr d’avoir compris toutes les subtilités des propos de l’auteur.
Ce livre est un bijou d’humour noir. J’ai adoré les personnages de cette histoire. Certains sont délicieusement haïssables, J’ai adoré ces « petits vieux » dans tous leurs travers

Un des maitres mots de ce livre est aussi qu’il ne faut « ne pas se fier aux apparences ». Car que savons-nous de nos voisins ? Ceux que l’on croise dans l’escalier ou sur le pas de la porte du bâtiment sont-ils aussi « bien-sous tous rapports » une fois la porte de leur appartement fermé ?
Vous l’avez compris : j’ai adoré !! Alors foncez !!!
Et commandez-le !! surtout qu’en ces temps de confinement les petits éditeurs ont besoin de nous !! (Et les commandes aux Editions du Caïman ça marche super en temps de confinement : j’ai testé !!!)  

mercredi 8 avril 2020

Les loyautés (Delphine de Vigan)




Les Loyautés

 Les loyautés (Delphine de Vigan) 


  • Poche : 192 pages
  • Editeur : Le Livre de Poche (28 août 2019)
  • Collection : Littérature
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 2253906875
  • ISBN-13 : 978-2253906872




Mon résumé :
Hélène est professeur de biologie dans un collège parisien. A 38 ans, son enfance la hante encore. La violence de son père a laissé de grandes cicatrices (visibles et invisibles). Elle a aussi créé en elle une sorte de sixième sens, de ceux qui rendent sensible à la détresse des autres.
L’attitude fuyante du jeune Théo presque 13 ans ne pouvait qu’éveiller « son détecteur de situation inquiétante ». A presque 13 ans l’adolescent semble ailleurs, comme s’il vivait dans un autre monde. Juste de la timidité pensent certains. Une grande détresse, un autre mal, clame Hélène.
Autour de Théo Il y a aussi Cécile, la mère de Mathis, son unique ami. Une femme dont l’univers commence à se fissurer depuis sa découverte de la double vie de son mari.

Mon avis :
Notre enfance ne nous laisse pas indemne. Elle met des filtres à notre grille d’analyse du monde, elle nous rend plus ou moins sensible aux autres, à ce qu’ils cachent ou simplement omettent de dire.
Alors que No et moi, Jours sans faim et certains autres titres de Delphine de Vigan ont laissé une grande trace dans ma vie de lectrice, je ne garde pas beaucoup de souvenirs de ses 2 derniers titres. Je les ai aimés sur le moment, mais le temps passant je serai bien incapable d’en dire quelque chose.
Pour ce titre, j’ai donc choisi d’attendre qu’il sorte en format poche.
Et avec même pas 190 pages j’en ressors sonnée.  Pourquoi ? Parce que je retrouve ici les personnages forts que Mme de Vigan sait créer. Je retrouve son écriture simple mais sensible et percutante, sa façon de vous amener, l’air de rien à vous interroger, à vous dire : « et si c’était moi dans cette situation ? Que ferais-je ? Serais-je capable d’envoyer tout valdinguer ? Accepterais-je de me mettre en déséquilibre ? »
Car, nous sommes les premiers à dire que nous en avons marre de notre vie, que « si c’était moi je n’accepterais pas ça, je ferais de telle ou telle manière ». Nous sommes les premiers à critiquer les autres. Mais quand il s’agit de notre vie à nous…
Combien d’entre nous sont capables de tout balayer pour changer ce qui ne va pas ? Combien d’entre nous sont capables d’accepter le danger qu’il peut y avoir à parfois accepter de vraiment regarder (et pas seulement voir) les dysfonctionnements de notre vie. Combien sont prêts à accepter cette mise en danger, cet ébranlement ?
Loin de moi l’idée de critiquer quiconque : je suis comme tout le monde. Il n’est pas facile d’accepter de remettre sa vie en question. Ma question est plutôt : pourquoi critiquer les autres qui le ne font pas ?
En effet que connaissons nous de la vie des autres … à part ce qu’ils veulent bien nous montrer ? Que savons-nous de leur histoire ? Du comment et du pourquoi ils en sont arrivés à une situation (que l’on trouve) critique. C’est cela, je pense que Delphine de Vigan veut mettre en évidence. Nous sommes toujours en relation avec d’autres et c’est cet entremêlement de relations qui fait ce que nous sommes, qui fait de nos vies ce qu’elles sont. C’est cet entremêlement qui fait qu’il est parfois si compliqué de changer les choses, de faire bouger. Allons- nous heurter voire même trahir quelqu’un si nous changeons ? Qu’allons-nous perdre ?
En plus de ces questionnements qui me touchent, j’ai été émue, touchée par le personnage de Théo. J’ai trouvé dure mais en même temps sans doute juste pour certains, la description de l’adolescent, des conséquences du divorce de ses parents.
Théo c’est un enfant « en garde » alternée. Une semaine chez son père, la suivante chez sa mère. Et tous les vendredis soirs, on change. Et Théo doit s’adapter, enfiler un autre costume. Chez son père, c’est lui l’adulte. Quand il retourne chez sa mère, il est celui qui vit chez l’ennemi. A tel point qu’il doit passer par un « sas de décontamination » (douche, vêtements dans le bac à linge sale mais à part des autres vêtements sales). « Un protocole » sans lequel sa mère ne le reconnait pas comme son enfant. Comment vivre et faire comme si de rien était quand on a une vie comme celle-ci ? Comment avoir la tête aux études dans ces conditions.
Ce « billet » est assez désordonné je vous l’accorde et je vous présente mes excuses. Je vous conseille juste de le lire ...

dimanche 16 février 2020

Depuis le temps de vos pères, les enquêtes du généalogiste (Dan Waddell)



  • Depuis le temps de vos pères, les enquêtes du généalogiste (Dan Waddell)
  • Poche : 391 pages
  • Editeur : Actes Sud Editions (4 janvier 2013)
  • Collection : Babel noir
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 2330014481
  • ISBN-13 : 978-2330014483




Mon résumé :
Katie Drake, une actrice de théâtre est retrouvée morte dans son jardin. Sa fille, Naomi Buckingham, 14 ans est portée disparue… Il n’y a pas de traces de lutte dans l’appartement.
Après avoir enquêté dans l’entourage des 2 femmes, après avoir interrogé voisins et collègue de Katie, l’inspecteur Grant Foster est obligé de se rendre à l’évidence : il n’a aucune piste.  
A part un cheveu retrouvé sur le cadavre. Un cheveu qui, après des analyses ADN, révèle qu’il appartient à un parent de l’actrice. A bout de solution, Foster décide de faire appel à Nigel Barnes, généalogiste de son métier. Et si la solution se trouvait dans le passé de la famille de la défunte, mais le passé lointain…
Mon avis :
 Après La moisson des innocents, (qui n’a pas fait l’objet d’un article) c’est le deuxième livre de cet auteur que je lis et je dois dire que j’y prends goût.
L’auteur sait faire « monter le suspens ». En effet on part d’un crime « banal » avec une disparition. Et petit à petit on se retrouver « parachuté » dans les méandres du passé. Comme si ce crime et cette disparition n’était que la conséquence de ce que les ancêtres des protagonistes avaient fait. Ici c’est bien une histoire de vengeance sur le long, très long terme qui est en jeu. Et des innocents (comment peut-on être responsable des actes de nos ancêtres ???) en paient le prix, le prix fort !!)
 Mr Waddell est fort : la construction de l’histoire, l’enchâssement des enquêtes (policière et généalogique) fait qu’une fois les premières lignes dévorées, il devient impossible pour le lecteur de lâcher le livre. On en vient même à oublier la disparition de l’adolescente…
Il faut dire qu’il a une équipe d’enquêteurs de choc.  
Il y a d’abord, quasiment au centre, Foster, l’inspecteur principal. Au moment où débute l’histoire il est de retour sur le terrain après un long arrêt de travail. Il faut dire que son enquête précédente (que je n’ai pas lue) a failli très très mal tourner, et l’a laissé avec de sérieuses blessures. J’ai aimé son côté loup solitaire. Son plaisir de reprendre le travail et sa déception quand il s’aperçoit que, même s’il est prêt comme d’habitude, à travailler sans compter ses heures, il est contraint par son plan de retour au travail. Un plan qui stipule en effet qu’il ne doit pas faire plus d’un certain nombre d’heures par semaine ; nombre d’heures atteint en 2 ou 3 jours pour lui !! J’ai apprécié les relations que Foster entretient avec les autres protagonistes. Et en particulier avec le personnage de Gary, sous le « charme » duquel je suis tombée.  Mais je n’en dirais pas plus à son sujet pour ne pas vous gâcher votre plaisir.  
Dans le clan des enquêteurs il y a aussi, deuxième personnage central (😉) Nigel Barnes.
Généalogiste, passionné par son travail, connaissant tous les endroits où trouver des indices, il donne plus qu’un sérieux coup de main à Foster. Il est celui qui l’aide dans sa recherche du passé, pour remonter les arbres généalogiques, établir les liens improbables, rechercher l’introuvable ! J’ai   autant apprécié la personnalité du personnage que ce qu’il nous apprend sur ce travail bien particulier qu’est la généalogie. Il donne envie d’en fait tant tout parait facile 😉.
Troisième élément (et non le moindre) du trio d’enquêteurs, il y a Heather. C’est elle qui analyse les scènes de crime pour aider à trouver des pistes sur la personnalité de l’assassin, sur ses motivations. J’ai trouvé son personnage très intéressant.
Enfin, je peux rajouter que j’ai vraiment apprécié l’aspect « historique » de cette enquête. Cette lecture m’a appris certaines choses sur l’univers de la communauté mormone et m’a intéressée.

Je rajoute ce titre au challenge petit bac dans la catégorie « mot au pluriel » avec le mot  PÈRES