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mercredi 14 juillet 2021

La fille qui pleurait sous l’eau (Niko Tackian)

  Celle qui pleurait sous l'eau

  • La fille qui pleurait sous l’eau (Niko Tackian)
  • Éditeur ‏ : ‎ Le Livre de Poche (6 janvier 2021)
  • Langue ‏ : ‎ Français
  • Poche ‏ : ‎ 288 pages
  • ISBN-10 ‏ : ‎ 2253241687
  • ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2253241683

Mon résumé :

Pourquoi Clara Delattre a-t-elle décidé de se suicider dans cette piscine parisienne ? Est-ce vraiment un suicide ? Que peut bien cacher José Mendez, le responsable des maitres-nageurs de la piscine ? A-t-il joué un rôle dans ce « suicide » ? Rhonda semble être la seule du groupe à s’interroger… Heureusement car son chef de groupe (et amant) Tomar Khan n’est lui pas disponible. Il est de nouveau mis en cause dans l’affaire du meurtre d’Antonin Belko (un flic appartenant à l’IGPN) …


Mon avis :

C’est avec ce titre que je commence mes lectures estivales. Je retrouve avec plaisir l’écriture de Mr Tackian, et les personnages de Tomar, Rhonda. Une enquête relativement simple et finalement presque secondaire. C’est en effet l’enquête que Tomar va mener de son côté, pour savoir s’il a ou non tué Antonin Belko qui prend le pas dans le livre.

La lecture a été rapide, 24h, agréable mais je reste un peu sur ma faim. Il manque des rebondissements, de la tension, il manque de la noirceur (celle qui était, il me semble présente dans les opus précédents) pour faire de livre un bon polar, un page turner.

A lire toutefois.

samedi 24 avril 2021

Et puis mourir (Jean-Luc Bizien)

 Et puis mourir par Bizien


Et puis mourir (Jean-Luc Bizien)

Novembre 2018, tous les samedis Paris est aux prises des manifestations des gilets jaunes.

Tous les samedis, un tueur profite du chaos de fin de manifestions pour se faufiler dans des immeubles des beaux quartiers et perpétrer ses crimes. Pour les hauts gradés du Ministère de l’Intérieur, les crimes ont lien avec les revendications sociales, il faut donc agir au plus vite pour éviter que la population ne s’affole. Même si les victimes de semblent avoir aucun lien ou point commun, les capitaines Agostini et Le Guen ne sont pas d’accord… Les crimes semblent trop organisés pour que le tueur agisse au hasard….

 

Mon avis :

 Avant de commencer, je dois remercier 2 personnes pour cette lecture. Le blog Collectif Polar qui m’a permis de découvrir le titre. Et je remercie aussi mon beau-frère qui me l’a offert à Noël…

Si l’enquête est en elle-même plutôt classique l’intérêt de ce livre réside ailleurs.

Il réside d’abord dans les personnages principaux qui sont tous attachants.

J’ai aimé le personnage du tueur. On le suit pas à pas dans ses crimes et on découvre petit à petit son mobile. Je ne vous en dirais pas plus mais on ne peut s’empêcher d’avoir de l’empathie pour lui, de comprendre son geste.

J’ai apprécié le Capitaine Le Guen et le capitaine Agostini. Une fois n’est pas coutume, un chapitre entier est consacré à chacun des 2 capitaines. Un chapitre qui raconte un peu leur histoire et qui permet ainsi de mieux comprendre certaines de leurs réactions.  Je trouve que le duo fonctionne bien et j’aimerai bien les croiser de nouveau…

Sur le plan de la forme j’ai beaucoup aimé l’écriture. Fluide et surtout riche en vocabulaire. Le style de l’auteur fait que l’on se laisse porter par l’histoire, avec l’envie de connaitre la fin …

Un livre à découvrir vraiment !!! Et un auteur que je prendrai plaisir à recroiser …

samedi 26 décembre 2020

Rosine une criminelle ordinaire (Sandrine Cohen)

  Rosine - une criminelle ordinaire

 Mon résumé :

Au dire de ses amis, de sa famille, de ses collègues, Rosine est une amie, une mère, une femme et une collègue parfaite. Toujours d’humeur égale, sociable, attentionnée. Elle adore ses deux filles de Chloé (4 ans) et Manon (6 ans). Rien de plus « normal » puisqu’elle est, elle-même, la fille d’un couple modèle. Seule la mort de sa mère, un an avant, a séparé ses parents après 50 ans de mariage.

Mais alors, pourquoi, ce soir du 6 juin 2018, a-t-elle maintenu les têtes de ses deux filles sous l’eau ? Est-ce parce que son compagnon lui a annoncé qu’il allait « réfléchir » ?

Clélia, enquêtrice de personnalité auprès du tribunal, parviendra-t-elle a trouver une explication « rationnelle » à un tel crime ?

Mon avis :

Certains livres se lisent en apnée. A peine déchiffrée la première phrase vous ne pouvez vous empêcher de lire la suivante, et celle d’encore après… et cela jusqu’au point final.

Parce que vous avez envie de savoir.

Parce que vous devez savoir.

Parce qu’il vous faut l’explication de ce qui s’est passé.

Et aussi parce que dès le début, les personnages, l’écriture, un « truc » dans la première phrase vous ont donné envie de savoir. Vous savez que si vous arrêtez votre lecture, si vous posez le livre avant la fin, il vous manquera quelque chose, une sensation d’inachevé vous poursuivra.

A mon humble avis de lectrice, « Rosine, une criminelle ordinaire » en fait partie de ces livres impossible à lâcher.

Pourquoi ?

D’abord par les personnages. Que ce soit Rosine, Clélia, Isaac, Samuel, ou les autres ils sont tous forts, attachants.

Parce que Rosine, même si elle a commis un double infanticide, est aussi celle qui va accepter de réfléchir sur son passé, sur ce qui a pu la conduire, elle la femme « ordinaire » à cet acte horrible. Une tâche ardue qui implique de revisiter son passé, d’accepter de concevoir que sa vie si « idyllique » a pu être bâtie sur des mensonges, des mensonges des autres mais aussi des mensonges qu’elle a pu se faire à elle-même. Il n’est pas simple d’accepter de se remettre ainsi en question toute son existence.

 Parce que Christophe, qui est l’ex-mari de Rosine, le père des 2 victimes, pourrait basculer dans la haine de son ex-femme Mais il ne le fait pas. Au contraire, il va être celui qui la soutient, celui qui l’aide dans sa recherche de la vérité, dans sa recherche de clé(s) de compréhension. Parce que Christophe a compris que la haine ne ramènera pas les deux enfants. Parce qu’il fait le choix de la compréhension plutôt que celui du jugement.

Parce qu’Isaac Delcourt, juge d’instruction, est lui qui charge Clélia d’enquêter. Il est celui qui réfléchit avec elle, qui l’aide dans son analyse de la situation. J’ai aimé le duo Isaac-Clélia, la façon dont ils « pensent » à deux, dont ils construisent leur réflexion en mettant en commun leurs idées, leurs ressentis et leurs analyses. J’ai aimé aussi la façon dont Isaac pose des limites à Clélia, l’empêche de déborder sans pourtant la « brider ».

Enfin parce qu’il y a Clélia. C’est elle qui est chargée d’enquêter sur la personnalité de Rosine, elle qui va fouiller le passé de cette « criminelle ordinaire » pour aller à la recherche de ce qui a fait basculer cette femme, à la vie quasi « idéale » du côté l’infanticide.  Comment ne pas être d’accord avec sa conviction que « Il y a toujours ou presque une raison, un élément de vie qui permet de comprendre un passage à l’acte criminel, personne ne tue juste comme ça ».  Comment ne pas admirer sa ténacité vis-à-vis de la recherche des causes véritables de l’infanticide. Comment ne pas l’admirer, elle, dont on sent bien pourtant qu’elle cache des choses sur son passé. Au fil de pages le lecteur ne peut s’empêcher de se poser des questions : Pourquoi la future libération d’un certain Varennes lui fait-elle aussi peur ? Quel est le lien qui l’unit à Isaac ? professionnel ?  Amical ? Amoureux ? J’ai vraiment apprécié ce personnage de femme, impulsive, prête à tout pour connaitre la vérité. J’ai aimé à la fois sa droiture, son intransigeance et son regard sur l’être humain, son regard sur les crimes, sa perception des rapports humains.

Si je devais donner un fil conducteur de ce livre ce serait l’idée que le passé contient souvent une explication du présent. Attention, à aucun moment il n’est question d’excuser pas le présent mais plutôt de l’expliquer, de l’éclairer sous un autre jour. J’adhère vraiment à cette idée que connaitre le passé, les relations des enfants avec leurs parents, des parents entre eux, des gens entre eux peut permettre de mieux comprendre le présent, et peut-être aider à changer le futur.

J’ai aussi aimé l’écriture de Mme Cohen, qui a aucun moment ne tombe dans le misérabilisme. A aucun moment, l’auteur ne tombe dans le travers de dire qu’il « n’est pas grave d’avoir tué ses enfants ». J’ai vraiment été touchée par les réflexions de l’auteur sur les relations familiales, sur les crimes et leur raison.

Vers la fin du livre il est écrit « Il reste toujours des traces après cette plongée en apnée dans la vie d’un criminel ordinaire ». Alors, Mme Cohen, pour répondre à votre gentille dédicace (dont je vous remercie) je peux vous dire que, vos personnages ne m’ont pas seulement touchée et émue, ils vont laisser une trace dans ma vie de lectrice. Et j’espère très bientôt retrouver Clélia et Isaac…

lundi 13 juillet 2020

Le sécateur (Éric Courtial)


Couv le secateur 9782919066643



  •  Le sécateur (Éric Courtial)
  • 12 X 19 cm, broché
  • 236 pages
  • ISBN : 9782919066643
  • Date de parution : 2017




Mon résumé :
A peine revenu d’un voyage qui lui a permis de toucher des requins dans leur habitat naturel, c’est à un prédateur humain que le commissaire Furnon est confronté. Un prédateur qui ne se contente pas de couper le pouce droit de ses victimes avec un sécateur. Il nargue également la police, et en particulier Patrick Furnon et son équipe.
Pour aider à l’arrestation de ce serial killer qui semble frapper au hasard, un profileur parisien débarque dans la capitale des Gaules.

Mon avis :
Quel plaisir de retrouver le commissaire lyonnais et son équipe. J’ai vraiment apprécié de retrouver l’écriture de Mr Courtial.
J’ai trouvé très pertinents les questionnements sous-jacents à cette enquête :  Que ferions-nous, si un tueur en série agissait, sans qu’il soit possible de déterminer son « type » de victime ? Comment se protéger ?
Que penser de cette nouvelle forme de journalisme, qui semble parfois (souvent ??) préférer le sensationnalisme à l’enquête sur les faits et à la réflexion ? Qui est responsable de cela : les organes de presse ou le lecteur qui préfère le » prédigéré » à un véritable article de fond ?
J’ai apprécié les questionnements du commissaire sur sa vie privée, sur son futur rôle dans son couple. J’aimerais vraiment pouvoir retrouver ce commissaire dans une autre enquête…  
Un certain « évènement » (que je ne détaillerai pas pour ne rien spoiler) m’a complétement chamboulée, au point de lire le passage en apnée, oubliant totalement ce qui était autour de moi.
J’ai apprécié la recherche du coupable. La révélation de ses raisons d’agir m’a ébranlée. Je suis tombée sous le charme du profileur. J’ai apprécié le retournement de situation à la fin … mais justement la fin m’a semblé un poil « poussive ».   Il m’a manqué un soupçon de tension et de stress pour véritablement flipper et en faire un total coup de cœur.
 C’est cependant un livre que je vous encourage à découvrir donc !!!! et en l’achetant chez votre libraire ou directement chez l’éditeur (je sais je me répète) !!

dimanche 29 décembre 2019

Munera ( Eric Calatraba)


Munera

  •  Munera ( Eric Calatraba)
  • Broché : 380 pages
  • Editeur : Caiman (19 novembre 2019)
  • Collection : Polars
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 2919066781
  • ISBN-13 : 978-2919066780






Mon résumé :
 A Nice, en Laponie, en Australie, à Rio… des jeunes, des moins jeunes sont engagés pour des combats ultimes…
A Nice, justement, des braqueurs de fourgons bancaires sont abattus... Un corps est retrouvé dans un sac…
Ces meurtres sont-ils liés ? C’est à Raphaël Larcher et Ugo Lucchi qu’il revient d’enquêter …

Mon avis :
Autant j’avais été happée dès le début par Haïku, autant mon entrée dans Munera a été plus compliquée. Les descriptions de combats au début, la violence et l’enchainement des personnages m’ont prise au dépourvu…Quand le quotidien est déjà difficile et non dépourvu de violence ( physique ou institutionnelle) il n’est pas simple de retrouver cela le soir dans son lit, inscrit noir sur blanc sur les pages de son livre…
J’ai tenté de lire en transversale ces pages ... puis je me suis dit qu’il valait mieux que je recommence au calme… j’ai bien fait car cela m’a permis de mieux comprendre la suite et de l’apprécier.
Ce livre est plus noir, que Haïku. En dehors de Raphaël et Ugo, les personnages sont moins attachants, ou plutôt plus résistants. L’histoire a encore une fois des ramifications « mondiales ».
La musique est un peu moins présente, moins un élément essentiel de la résolution des crimes.
J’ai apprécié la dénonciation, par l’auteur, des non-dits, du danger du « toujours plus », de l’escalade de la violence avec comme envie le pouvoir et l’argent. Mr Calabrata questionne la place de la vie et surtout du respect de l’humain dans notre société actuelle : qu’est ce qui est plus important : l’argent ou la vie ?
 J’ai aimé aussi la question de l’acculturation qui est évoquée au travers d’un des personnages : comment se construire quand on est issu d’une double culture, quand il faut en plus s’inscrire dans la modernité… Faut-il rejeter et tourner le dos au passé et aux connaissances des cultures ancestrales ou peut-on au contraire se servir de ce que les anciens ont appris et nous ont transmis pour faire un monde meilleur, plus respectueux de la nature et des différentes formes de vie ? Comment faire coexister la nature, le respect de celle-ci et les « besoins » de nos sociétés actuelles.
Mr Calabrata nous montre que quelles que soient les époques les relations familiales, les non-dits sont toujours au centre de la construction des êtres humains …
Merci à Jean Louis Nogaro pour cette découverte et à Mr Calatraba pour toutes les réflexions que ses livres suscitent !!