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jeudi 25 octobre 2018

Miss Sarajevo ( Ingrid Thobois)


Miss Sarajevo -


  •  Miss Sarajevo ( Ingrid Thobois)
  • Broché: 224 pages
  • Editeur : BUCHET CHASTEL (23 août 2018)
  • Collection : Qui vive
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2283030951
  • ISBN-13: 978-2283030950



Fuir.
Fuir encore et toujours.
La vie de Joacquim est faite de fuites. De fuite et de silence.
Fuir le huis clos-familial, entre son père, sa mère et sa sœur. Un huis-clos fait de silence.
Le silence de ses parents après la non-arrivée d’un enfant.
Le silence de la douleur, de la perte et de l’absence.
Un silence douloureux en filigrane malgré l’arrivée de Viviane.
Un silence qui revient «  clore » chaque après- midi de la mère et des deux enfants, quand le père arrive.
Le silence qui s’installe encore plus après la mort de Viviane, à 16 ans.

Et pour tenter de survivre. Joacquim fuit.
Il fuit là où il y a le bruit. Là où la vie et la mort font du bruit.
Immortaliser le quotidien de la guerre, comme pour rompre le silence.
Mais dans l’éloignement il emporte ses fantômes, ses silences. Comme pour mieux s’en délivrer et apprendre à vivre avec.
Sarajevo…

Mon avis :
Un livre triste ? déprimant ?
NON !!!
Un livre qui prend aux tripes. Un livre sur le poids des silences.
Un livre sur les incompréhensions familiales.
Sur ces non-dits qui  loin de protéger éloignent et empêchent de guérir.

Dire que Joacquim est attachant donnerait un côté mièvre à ce livre.
Non Joacquim est beau, attirant.
Il est bavard dans ses silences.
Sa fuite éperdue le lie au lecteur, le rend inoubliable.
Sa fragilité touche l’intime du lecteur, émeut, remue….
Comment sortir indemne de cette lecture , de cette rencontre avec Joacquim et ses silences si plein de mots, de maux ?
Comment ne pas être charmé par l’écriture de l’auteur. Par sa façon  d’alterner scènes du présent et scènes du passé. Par son talent pour parler du silence, pour éclairer le présent en convoquant le passé.

Un coup de cœur que je dois à Price minister et à ses «  Matchs de la rentrée littéraire »
A lire donc !!

mercredi 5 août 2015

Je me suis tue (Mathieu Menegaux)



Détails sur le produit

  •  Je me suis tue (Mathieu Menegaux)
  • Broché: 192 pages
  • Editeur : Grasset (1 avril 2015)
  • Collection : Littérature Française
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2246856124
  • ISBN-13: 978-2246856122


Mon résumé :
Il a suffit d’un silence pour que la vie de Claire bascule. Pourquoi s’est-elle tue ? Pour se protéger elle-même ? Pour protéger son mari ?  Pour protéger ceux qu’elle aimait ? Pour que rester « intact » à leurs yeux ?
Quoiqu’il en soit, son silence va lui couter cher…

Mon avis : 

Comment un homme peut-il se mettre à ce point dans la peau d’une femme ? Comment fait-il pour écrire un livre aussi fort,  pour aborder un sujet si difficile sans tomber dans le mélodrame ? C’est sans doute son écriture, tout en retenue,  qui donne un poids encore plus fort à son récit… Il nous livre les faits, bruts, et donc encore plus douloureux. Pas d’explication, ou de recherche de pardon… juste des faits que le lecteur se prend en pleine face… parce qu’il ne peut s’empêcher de se demander, le lecteur,  ce qu’il aurait fait à la place de Claire ? Parce qu’il ne peut pas s’empêcher de comprendre son, ou plutôt  ses silences.


Citations :
«  Conjuguer le verbe attendre à tous les temps ».
«  C’est décidé, je vais faire le mur, donc. Tout est prêt. Je vais franchir les murs d’enceinte sans échelle, sans grappin, sans draps noués, je vais voler au-dessus des fils de fer barbelés sans ailes, disparaître sans trucage, m’évanouir sans armes, sans haine ni violence. »

«  Je découvrais que la vie pouvait être infiniment plus cruelle que ce qu’on imaginait. »

« Vive la télévision, vive internet, vive la modernité et la convivialité de ce monde en ligne où plus personne n’est jamais ni dehors, ni oisif, ni pensif. Les propriétaires de chiens n’ont pas encore trouvé le moyen de les e-promener. »

«  […] les bébés, qui donnent l’impression ainsi de tout vivre plus vite, de mettre de l’intensité et de l’énergie même dans leur sommeil, parce que chaque journée est pour eux une telle aventure. »

« Comme tout le monde, j’avais une faille, une souffrance cachée, enfouie qui me minait : mon ventre était resté sec et j’allais mourir sans laisser de trace de mon passage sur cette terre, sans avoir contribué à perpétuer l’espèce »

«  Hier ma vie était une demi-vie, une vie de flamant rose, une vie sur une patte à essayer tant bien que mal de conserver l’équilibre. »

« J’avais tout misé sur ce pari fou, sur ce fragile espoir, sur cette illusion fabriquée de toutes pièces. »

« Un jour où l’autre, mon conflit intérieur m’aurait rattrapée et mise en lambeaux ».