samedi 25 octobre 2014

L’hexamètre de Quintilien (Elisa Vix)



L'hexamètre de Quintilien - Elisa Vix

  •  L’hexamètre de Quintilien (Elisa Vix)
  • Code article : 9782812606526
  • ISBN : 9782812606526
  • Dewey : 809.3
  • Collection : Rouergue noir
  • Nombre de pages : 200
  • Support : Broché

 

 

Résumé :

Mais qui a bien pu tuer le petit Yanis, âgé de 6 mois à peine ?
Voila la question qui se pose pour la commissaire Beethoven, et pour  Lucie aussi, journaliste en free-lance (c’est plus crédible que pigiste!!!) au chômage.  
Parmi les suspects il y a Pierre (pas remis de la mort de sa femme), Kevin son fils (un ado adepte des jeux vidéos violents), Marc Olivier, dit Marco, le bellâtre gérant d’une boutique de téléphones portables….
Lucie parviendra-t-elle à résoudre l’énigme en posant les 7 questions de l’hexamètre de Quintilien ? (qui ? quoi ?où ? quand ? comment ? combien ? pourquoi ?)

Mon avis :

Aussitôt commencé, aussitôt fini. J’ai dévoré en une après midi ce policier atypique.
En donnant, tour à tour, la parole à chacun des habitants de l’immeuble, Elisa Vix entraine le lecteur, le perd dans les pensées de chacun de ses suspects.
Plus que la recherche du coupable c’est l’analyse des relations entre les personnages, leurs actions qui sont décryptées.
J’ai apprécié le style et l’humour qui règnent en maitre dans ce livre. Je m’attendais un peu au retournement final ( sans vouloir y croire toute fois ), mais j’ai vraiment apprécié (ou détesté) chacun des personnages.
Un vrai livre choc à dévorer. 
Je le rajoute à ma liste pour le challenge thrillers et polars
0 challenge thriller & po 11b

vendredi 24 octobre 2014

Ballade pour Georg Henig (Victor Paskov)



Détails sur le produit

  •  Ballade pour Georg Henig (Victor Paskov)
  • Broché: 208 pages
  • Editeur : EDITIONS DE L'AUBE (7 novembre 2014)
  • Collection : REGARDS CROISES
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2815911000
  • ISBN-13: 978-2815911009




Il y a des livres sans scène de violence, sans grands évènements, sans  grands rebondissements mais qui pourtant vous font vibrer.
Il y a des livres dont personne ne parle ni à la télé, ni sur les blogs parce que leurs auteurs ne sont pas connus mais qu’ils seraient dommage de rater.
Mais  heureusement, il y a  des éditeurs qui prennent le « risque » de publier ces pépites.

Ballade pour Georg Henig fait parti de ces livres.
L’histoire est simple. Le père de Victor est musicien. Il emmène son jeune fils chez Georg Henig. Il souhaite que le vieux luthier tchèque fasse un violon «  un huitième » pour son fils de 5 ans.
Le début d’une belle histoire  d’amitié entre un vieil homme et un enfant.

J’ai adoré le lien qui se crée petit à petit entre le vieil homme et l’enfant. Georg Henig, est un vieil homme un peu fantasque, qui perd un peu la tête, il devient une sorte de Grand-père pour Victor. Le grand-père que tout enfant rêverait d’avoir.
Avec sa candeur et sa naïveté d’enfant, Victor, écoute le vieil homme. Et ce qui pourrait sembler à d’autres  (des adultes ?) des radotages, devient un monde magique, où réalité et « fantastique » se mêlent.

Le luthier  lui fait découvrir du monde de la musique, des musiciens. . Malgré sa mauvaise maitrise de la langue bulgare, il transmet au jeune garçon  sa façon de voir le monde, sa croyance en l’âme humaine. En lui expliquant comment fabriquer un violon, c’est tout son amour du respect du matériel, du travail bien fait, l’importance de la richesse de l’âme (sur la richesse financière) qu’il lui offre. Il lui apprend à écouter le monde qui l’entoure et les gens.
L’écriture à la fois poétique, pleine d’humour et de tendresse… ne peut pas laisser le lecteur indifférent.

J’espère que vous pardonnerez le côté décousu de cet article : encore une fois, j’ai tellement adoré ce livre que je n’arrive pas à en parler. Les mots me semblent inadaptés, inadéquats.
Alors encore une fois je ne dirai qu’une chose : lisez-le !
Merci à Virginie Jullion pour cette belle découverte !!!

Citations
 «  J’avais enfin découvert un grand-père à mon goût : extrêmement pauvre, infiniment bon, il semblait sorti tout droit d’un conte de fées, détenait des secrets, venait d’un pays lointain et inconnu, parlait une langue magique, exerçait un étrange métier et vivait dans la misère  comme un saint »

« Les pensées et les souvenirs tournoyaient autour de sa tête blanche, comme des papillons autour d’une lampe qui éclaire pour elle-même, sans se préoccuper de ce qui se passe autour d’elle. »

«  Toi riche quand être avec trompette. Quand être sans elle, tout à fait pauvre. »

« J’étais plongé jusqu’au cou dans l’univers de Georg Henig, un univers peuplé d’ombres, de rois, de dieux, d’arbres parlants, de clair obscur et de voix mystérieuses. »

jeudi 23 octobre 2014

Encore un frère (Matthew Cordell)



Détails sur le produit


 
  • Encore un frère (Matthew Cordell) 
  • Album: 34 pages
  • Editeur : Didier Jeunesse (30 avril 2014)
  • Collection : Hors collection
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2278077864
  • ISBN-13: 978-2278077861

Mon résumé :

Daniel est un petit mouton très heureux. Il est le centre des attentions et de l’attention de ses parents. Mais son petit monde s’écroule le jour où Prosper  puis  11 autres petits frères pointent le bout de leur museau… Ses parents semblent ne plus le voir du tout.

En grandissant,  ses petits frères eux commencent à le voir, et même à ne plus voir que lui. Il devient un modèle... Dès lors plus un moment de répit, chacun de ses gestes est copié, répété en 12 exemplaires…

Ses parents ont beau lui dire que ce n’est que passager… Daniel cherche comment redevenir unique… jusqu’au jour où…

Mon avis :

Voila un petit mouton bien sympathique qui semble décidemment avoir beaucoup de mal à savoir ce qu’il veut... Il ne supporte pas de ne plus avoir l’attention de ses parents, mais pas non plus que ses petits frères se mettent à copier le moindre de ses gestes ou que au contraire, tout à coup ils se mettent à l’ignorer.

Un personnage parfait pour montrer à qu’il est difficile de trouver sa place dans une fratrie, d’accepter de partager papa et maman, d’être le modèle ou de ne plus l’être…

Voila un livre humoristique qui traite en douceur le sujet de l’arrivée d’un ou de plusieurs petits frères/sœurs.  Il montre comment l’enfant peut avoir du mal à accepter de changer de statut (d’enfant unique à ainé, de petit dernier à cadet), à partager l’amour de ses parents, à accepter des frères ou des sœurs.

Et quoi de mieux  finalement que l’humour pour dédramatiser une situation que qu’ils ont pourtant parfois désirée (et oui, quel enfant n’a pas un jour  demandé un petit frère ou une petite sœur, sans imaginer les conséquences d’une telle arrivée dans leur vie !!!!)

A aucun moment ce livre ne se veut moraliste. A aucun moment les émotions de Daniel sont critiquées ou moquées… et c’est appréciable. L’air de rien, ce livre montre à l’enfant qu’il est normal qu’il ressente de la jalousie, ou de la colère, et que oui, malgré ce qu’en disent les adultes ce n’est pas toujours « super d’être un grand frère ou une grande sœur. ». Ils verront qu’avec le temps, on trouve sa place….

Pour couronner le tout, les petits moutons de Mr Cordell sont vraiment très craquants, les couleurs toutes douces !!!!

Je rajoute ce livre pour le challenge Petit bac, ligne enfant et catégorie «  sphère familiale »

petit bac 2014

dimanche 19 octobre 2014

Entre chien et poulpe (Martin McKenna)



Détails sur le produit



  •  Entre chien et poulpe (Martin McKenna)
  • Relié: 36 pages
  • Editeur : Editions Père Fouettard (9 octobre 2014)
  • Collection : ALBUMS
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2371650021
  • ISBN-13: 978-2371650022

 

Mon résumé :

Mais à quoi pensaient les parents d’Edgar quand ils lui ont acheté Jarvis ? Le jeune garçon rêvait d’un chien et il se retrouve avec un… poulpe.  Et même avec beaucoup d’énergie on ne peut pas apprendre à un poulpe à faire le beau, ou à s’asseoir comme on le ferait avec un chien. Dès lors, la participation de Jarvis au concours de chiens tourne au fiasco et ce dernier, conscient d’avoir déçu son «  maître », s’enfuit en empruntant le conduit des toilettes…..

Mon avis :

Le poulpe n’est pas un animal récurrent dans la littérature enfantine. Il y apparait seulement dans les documentaires. Alors la lecture du titre m’a tout de suite donnée envie d’ouvrir l’album… Et je suis tombée sous le charme de l’histoire.

Sous des dehors humoristiques, c’est une belle histoire d’amitié que nous raconte ici Mr McKenna. Car si au départ Edgar est déçu par son poulpe domestique, la fuite de ce dernier lui fait prendre conscience qu’un tel animal à des avantages sur le chien (il ne vole pas la viande du boucher, il ne court pas après les chats, ne sent pas les déjections des autres chiens….). Et on ne peut qu’être attendrit par les moyens que Edgar va déployer pour retrouver celui qui mine de rien est devenu son ami ! (passer à la télé, aller enquêter en mer pendant une tempête…)

Les illustrations sont particulièrement réussies : elles sont colorées mais douces, humoristiques. Les émotions des différents personnages sont très bien rendues par un trait précis et sans fioriture, et par des visages très expressifs, et aussi par le choix des couleurs. (J’ai adoré le moment où Edgar saute en l’air de colère, celui où il rentre dépité après le concours).On ressent la tendresse de l’auteur pour ses personnages. Et si vous ne craquez pas devant le bouille de Jarvis… c’est que vous êtes insensible (oui, oui, moi aussi je n’aurais jamais cru craquer pour un poulpe !).

Si d’un point de vue personnel, j’avais craqué pour l’histoire, j’étais cependant hésitante, du point de vue professionnel quant à sa présentation à mes élèves. Allaient-ils « adopter » ce personnage atypique ? Allaient-ils comprendre l’histoire ?

Les références aux habitudes des chiens sont assez nombreuses et j’hésitais entre toutes les expliquer et les passer sous silence. Dans le premier cas je risquais de tomber dans une explication trop poussée et donc de perdre l’histoire de vue. Dans le deuxième, je risquais de les faire passer à coté de l’essentiel de l’histoire et de tout son coté humoristique.

Je me suis quand même lancée. Vendredi matin, je l’ai lu à tous les enfants, les petits, les moyens et les grands. Et l’après midi, sous couvert de leur demander de  me la raconter, nous avons analysé un peu plus en détails les images avec les moyens et les grands.

Et ces deux lectures ont été vraiment super.

Les plus jeunes, ont beaucoup ri avec la page ou Edgar demande aux animaux qui peuplent les égouts de faire passer le message à Jarvis qu’il lui manque. Ils ont beaucoup aimé les illustrations de la fête du retour de Jarvis à la fin.

J’ai beaucoup ri avec les moyens et les grands l’après midi quand il a fallut répéter le mot poulpe. J’ai eu des «  la poule », « le poule », « le ploupe », «  la poulpe »…..

J’ai été surprise de voir que finalement, sans rentrer dans toutes les explications, les enfants arrivaient à bien comprendre l’histoire et à adopter Jarvis.

Ils ont particulièrement aimé les illustrations : les différents déguisements de Jarvis, l’image de la fête à la fin. Ils ont pris plaisir à décrire la grande image des égouts, à identifier les animaux et à retrouver ces animaux et d’autres personnages rencontrés dans l’histoire dans la page finale.

Après sondage leur illustration préférée est quand même celle où l’on voit un chien sentir le derrière d’un chien qui sent lui-même une crotte.

Un grand grand merci à Florent aux Editions du Père Fouettard pour cet envoi  et pour son gentil petit mot!!!!!!!!! 

Un coup de cœur!!!!!!!!!!

samedi 18 octobre 2014

Les ailes d’émeraudes (Alexiane DE LYS)


Détails sur le produit




  •  Les ailes d’émeraudes (Alexiane DE LYS)
  • Broché: 704 pages
  • Editeur : Nouvelles Plumes (2014)
  • Langue : Français
  • ASIN: B00N4O5WJ8
Mon résumé :

A 6 ans, Cassiopée a réchappé à l’accident de voiture qui a tué sa mère. Depuis, elle habite dans un orphelinat, tenu par une femme riche. Elle y est plutôt heureuse. Mais étant sur le point de fêter son dix-huitième anniversaire, elle doit songer à la suite de sa vie.
Par peur de faire souffrir les autres enfants de l’orphelinat qui la considèrent comme leur grande-sœur, elle s’enfuit dans la nuit. Seule, dans la ville, elle parvient à trouver un travail. Mais un soir, elle est agressée par deux inconnus… et sauvée par un mystérieux garçon «  Gabriel » qui dès lors semble être sans arrêt sur sa route.
Il finit par lui révéler qu’elle appartient au peuple des Myrmes, des êtres dotés d’ailes et de grands pouvoirs sensoriels. Il l’emmène dans le village de ces êtres particuliers.

Mon avis :

Qui a dit que les premiers romans devaient être courts? C’est en tout cas loin d’être le cas de celui-ci. Elle a beau avoir seulement 20 ans, sa jeune auteur y bâtit une histoire très complexe et comportant de  personnages et de (trop ?) nombreux rebondissements.
J’ai apprécié de ne pas être parachutée  au bout de 10 pages dans le monde des Myrmes, d’avoir le temps d’apprendre  à connaître Cassiopée dans son univers quotidien, à l’orphelinat puis dans la vie «  adulte » qu’elle se crée.
J’ai apprécié les rebondissements qui précèdent son entrée dans le monde magique des Myrmes. J’ai aimé le monde des Myrmes crées par l’auteur, un monde loin d’être manichéen, et avec des personnages qui ont de l’épaisseur.

Cependant j’ai parfois moins aimé la «  jeunesse »de l’écriture de l’auteur : l’utilisation d’expression un peu trop «  orale » à mon goût,
Si j’ai bien aimé les trois quarts du roman je dirai que la fin m’a un peu ennuyée, trop «  fleur bleue » je dirai et surtout un peu trop longue. (J’avoue avoir sauté des pages et  survolées de grands paragraphes à la fin.)
Un avis un peu mitigé dirai-je même si je tire mon chapeau au travail fourni par l’auteur pour ce pavé !

Merci à Mr Paris pour cet envoi.
Je le rajoute pour la ligne adulte, dans la catégorie couleurs du challenge petitbac 2014
petit bac 2014

mardi 14 octobre 2014

Battista revenait avec le printemps (Renata Ada-Ruata)



Détails sur le produit

  •  Battista revenait avec le printemps (Renata Ada-Ruata)
  • Broché: 352 pages
  • Editeur : EDITIONS DE L'AUBE (2 octobre 2014)
  • Collection : Regards croisés
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2815910721
  • ISBN-13: 978-2815910729



 
Résumé :
Battista a douze ans quand il part pour la première fois avec son père, sur les routes italiennes, (viendront plus tard les routes suisses, puis françaises). De la Toussaint au printemps, chaque année, les hommes de ce village du Piémont italien partent vendre leur de travail dans les villages et les villes. Ils sont rémouleurs, étameurs… En échange de leur travail, ils obtiennent le gîte, le couvert, ou de l’argent qui servira plus tard lors de leur retour au village. Les pères transmettent ainsi à leurs fils les savoir-faire et les techniques qu’ils ont eux-mêmes après de leurs pères sur ces mêmes routes.
Au gré de leurs pas, ils observent sans vraiment le savoir, la montée du fascisme, l’arrivée de l’industrialisation.
Et chaque été, ils rentrent chez eux, la tête et le cœur pleins de rencontres, de mots, d’images.  
Si sur les routes Titto (le surnom de Battista) apprend le métier de son père, de retour, il les raconte à son maître et à son cousin Neto (parti lui sur des routes différentes). Ce maître d’école est plus qu’un enseignant : à chacun des départs des deux garçons, il leurs donne un livre pour qu’ils s’entrainent à lire, à écrire et qu’ils découvrent également d’autres mondes.
Et les mots de Battista nous racontent la nature, la relation des hommes avec la nature, la relation des hommes avec les femmes, les relations d’un jeune homme avec sa Grand-Mère, avec sa mère et son frère, avec son père...
Il évoque aussi la difficulté de grandir, de devenir un homme : les renoncements auxquels cela conduit parfois.
Un récit envoûtant !!!!


Mon avis : 

Douceur est le mot qui me vient à chaque fois que je pense à ma lecture de ce livre.
Je ne suis généralement pas très attentive à la couverture mais pour une fois je trouve que celle-ci correspond exactement au livre. Un adulte et un enfant qui s’éloignent dans le crépuscule italien…

J’ai d’abord été désarçonnée par le style de l’auteur. En effet il s’agit d’un long dialogue entre Battista, dit Titto, et celui que l’on identifie au fur et à mesure comme son maître d’école. Un long dialogue entre un enfant qui raconte la façon dont il est devient adulte et celui qui lui a donné le goût des mots.
Car c’est ce maître d’école qui l’a sans arrêt poussé à mettre en mots ses émotions, à essayer de les écrire (acte peu évident pour un jeune homme dans un monde où l’écriture est plutôt utilitaire).
Ce dialogue n’utilise pas les formes écrites habituelles (tirets, guillemets, retour à la ligne). Le maître intervient au cours du récit de Titto, et seule l’utilisation des pronoms personnels «  tu » ou «  vous » nous prévient de cette intervention.

J’aurais pu arrêter mais j’ai bien fait de continuer ma lecture. J’ai été bercée par ce livre. Non pas qu’il soit soporifique, mais je m’aperçois que c’est un peu comme si Battista m’avait glissé dans sa poche et emmenée avec lui. C’est un peu comme si j’avais arpenté à ses côtés les routes de l’Italie,  appris avec lui le métier d’étameur, observé avec lui la montée de l’idéologie de Mussolini.

L’écriture de l’auteur est vraiment toute en rondeur, en douceur (ça me fait bizarre d’écrire ce genre de remarque mais je ne trouve pas d’autres qualificatifs), aucun heurt. C’est une écriture que je qualifierai de poétique, tant  elle s’adresse à tous les sens du lecteur. J’ai vraiment ressenti de la tendresse pour ce garçon que l’on voit devenir un homme et qui pose un regard candide sur le monde qui l’entoure, sur ces évolutions. Il note, remarque sans jamais juger, ou critiquer.
Le personnage de la grand-mère aussi m’a profondément touchée. On sent une femme très philosophe, qui a pris le temps d’observer le monde qui l’entoure, qui laisse les autres agir selon leur volonté. Aucune méchanceté…

Merci à Virginie Jullion  pour cet envoi.



Ce livre est un vrai COUP De CŒUR

 
Citations :

« Les nouvelles, s’il n’y en a pas, on sait bien que ça veut dire qu’elles sont bonnes. Les mauvaises, elles arrivent toujours plus vite que la foudre. »
«  Personne ne m’a appris comme Grand- Mère. Elle m’a ouvert le grand livre de la nature. Celui des hommes avec ses petitesses et ses grandeurs, tu ne l’as vraiment connu que plus tard, loin d’elle. »

«  Au printemps suivant déjà vous n’étiez plus les mêmes. Enfin vous étiez les mêmes  mais différents, vous aviez perdu une part de votre enfance, de son innocence. »

«  Le monde de Grand-Mère s’effritait. Vous entendiez moins la magie et plus clairement la rudesse, l’injustice et la peine. »

«  Je suis un trouillard doté d’une volonté de fer. Peut- être que c’est cela le vrai courage. Savoir vers quoi on va, les risques que l’on prend et y aller tout de même parce qu’on pense qu’on le doit.

«  A nos terres on y est attachés, mais elles ne nous nourrissent pas assez. Sont ingrates, ne se laissent pas facilement apprivoiser, nos terres. Il faut y mettre de la sueur et du temps. »

«  Avec les années tu as compris qu’au fond ce n’est pas qu’il ne t’aimait pas Gigi, il était jaloux. Que la mère et surtout votre grand-mère portent tant d’attention à l’enfant fragile que tu étais, devait le remplir de rage, il se sentait mal aimé. Pour éloigner ses déceptions, ses rancœurs, il avait choisi la dérision, l’humiliation de celui qui en était la cause. »

« Peu à peu tu as découvert un monde de tensions et de désirs. Un monde puissant et poisseux, un monde qui t’éloignait de la légèreté de ton enfance dans les arbres, t’éloignait des contes merveilleux de ta grand-mère. Un monde à la fois plus simple et moins facile à comprendre. »

«  Ce n’était pas vrai, au monde j’étais plus présent qu’eux tous, différemment. Mais cela, ils n’arrivaient pas à le comprendre. Là où ils ne voyaient, n’entendaient que ce qui était, toi tu voyais aussi d’autres choses, comme si derrière chaque chose, s’en trouvait une autre et encore une autre, comme si la chose elle-même ouvrait pour toi ses tiroirs secrets, te révélait ses trésors de formes et  de couleurs, ses histoires. »

«  Tu aimais tellement que j’ouvre pour toi les voies de la connaissance. J’avais l’impression qu’une  vie entière ne suffirait pas pour tout savoir. Vous le confirmiez, mais affirmiez que,  même si on ne pouvait pas tout savoir, apprendre était une belle aventure. »

« Tu as réalisé à quel point pouvoir lire  était quelque chose d’extraordinaire, pouvoir lire et écrire. On lisait, on écrivait un mot et hop on voyait apparaître un objet ou un visage ou un paysage. […] On écrivait une phrase avec des mots et cela se mettait à vivre dans la tête de celui qui la lisait. De la magie. »

«  Écrire dans ma tête oui, des phrases,  des phrases dans ma tête, mais les mettre sur un papier, moi je n’avais pas cette capacité-là, non, ni même jamais j’aurais cette prétention. »

«  Alors une envie envahissante de la conserver, elle, [sa grand-mère], sa vie l’envelopper dans des phrases que je pourrais lire et relire m’a pris. »

« Tu commençais à saisir ce que les gens pouvaient valoir ou pas, du moins tu le pensais, tu commençais à te méfier des paroles et à tenir compte surtout des faits. »

«  Les trésors qu’on rapporte peuvent se trouver cachés dans nos cœurs, non révélés à la face du jour. »

vendredi 10 octobre 2014

Nénette la grenouille verte (Cédric Janvier et Sylvie Giroire)



Nénette la grenouille verte

 


  •  Nénette la grenouille verte (Cédric Janvier et Sylvie Giroire)


 

Mon résumé

« Avez-vous déjà vu une grenouille verte qui vole et qui raconte des mensonges ? »Ainsi commence l’histoire de Nénette….

AU départ c’est une simple grenouille qui se prélasse dans une mare… mais voila qu’un héron décide d’en faire son repas… Mais Nénette de l’entend pas de cette oreille et décide de tout faire pour échapper au bec de l’échassier… Elle nous montre que parfois, il est bien utile de mentir…

Mon avis :

J’ai craqué sur les illustrations : des couleurs vives, une grenouille plus que craquante avec son bonnet de nuit et ses grands yeux ronds. Même le héron la corneille et le renard qu’elle rencontre sont un régal pour les yeux (je suis sure que vous n’avez jamais vu un héron en caleçon…) Je souris rien que de feuilleter le livre pour écrire cet article.

J’ai bien aimé aussi l’utilisation des couleurs pour marquer la différence réalité/mensonge. Les pages où l’animal imagine ce qui lui arrivera s’il mange la grenouille sont sur un fond noir, très utile pour que les petits lecteurs comprennent bien que c’est du mensonge qu’il s’agit.

J’ai craqué pour l’histoire également : les mensonges de Nénette sont assez originaux, chaque fois différent et pourtant, certaines structures sont répétitives, ce qui rend les enfants plus actifs.

Du point de vue du texte, les phrases sont assez simples, le vocabulaire très compréhensif. Mon seul bémol est au sujet de la «  morale » : il est difficile d’expliquer la notion « savoir rebondir » aux enfants de 5 ans s’ils n’ont pas une parfaite maitrise de la langue…

J’ai lu ce livre hier après midi avec mes moyens et mes grands, et je l’ai repris cet après midi avec eux. Ils devaient me le raconter (avec l’aide des images).

J’ai été agréablement surprise :

L’histoire commence par cette phrase « Vous déjà vu une grenouille verte qui vole et qui raconte des mensonges ? », alors que je pensais devoir leur demander «  mais qui parle ? », une de mes grandes (qui a pourtant des difficultés à parler français) m’a devancé. Et les autres, très observateurs lui ont tout de suite répondu….

C’est la même enfant qui m’a demandé en observant la couverture «  pourquoi elle vole la grenouille ? » Il y a eu un petit débat, car un autre maintenait qu’elle était dans l’eau parce que c’était bleu…. Un troisième a répondu que ce n’était pas possible parce qu’il y avait des nuages…  (J’adore quand ils se répondent comme ça…)

Après une seule lecture hier, ils ont été capables cet après midi de me restituer l’histoire, même des enfants un peu plus en retrait d’habitude…

Ce livre a suscité aussi un questionnement des grands : «  qu’est ce qui est écrit  au dos du livre ? » J’ai pu leur expliquer ce qu’est un résumé, à quoi il sert… (Trop contente la maitresse)…
Et puis je leur ai dit que j’avais une «  grenouille verte » chez moi et que je l’apporterai lundi… ce à quoi une petite fille m’a demandé «  et est ce qu’elle dit des mensonges ta grenouille ? »

Un vrai coup de coeur! 

Mots d’enfants

«  C’est un poivron qui veut manger la grenouille »

«  La grenouille elle sait sauter comme les ballons… » À propos de la morale : «  les grenouilles ne savent pas voler mais elles savent rebondir »

«  Le renard il va perdre ses …. plumes » au lieu de il va perdre ses poils…

« Elle tombe dans le nid de la cornille » au lieu de «  corneille »

«  Comment le héron il peut manger la grenouille : il a pas de dents ! »

 

Un grand merci aux éditions balivernes pour l’envoi de ce livre qui m’a bien amusé quand je l’ai lu pour moi et qui m’a fait passer un super moment avec mes élèves !