dimanche 12 février 2017

BD : Proies faciles (Miguelanxo Prado)


Proies faciles




  •  Proies faciles (Miguelanxo Prado)
  • Album: 96 pages
  • Editeur : Rue de Sèvres (11 janvier 2017)
  • Collection : BD ADO-ADULTES
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2369810262
  • ISBN-13: 978-2369810261


Mon résumé :

La police espagnole est sur les dents. En quelques jours, seulement 4 personnes, qui ne se connaissaient pas meurent de façon suspecte. Un  point commun cependant semble exister entre ces meurtres ? Chaque victime travaillait dans une banque, même si c’était à des postes différents.
L’inspectrice Tabares et son adjoint Sottilo, chargés de l’enquête, s’interrogent. Y -a-t-il un ou plusieurs meurtriers ? Est-ce l’œuvre d’un tueur en série ou d’une organisation ?

Mon avis :
Une bande dessinée qui m’a conquise !!!
Pourtant J’appréhendais un peu l’utilisation exclusive du noir et blanc. Mais finalement l’absence de couleurs vives donne un poids supplémentaire à l’histoire. Elle exacerbe le côté sombre de l’histoire (la banque pour moi a toujours été un monde où tout est flou, peu clair). Je ne saurais dire pourquoi mais je trouve que ces couleurs renforcent le sentiment à la fois d’urgence à trouver le coupable mais aussi le sentiment d’injustice à l’égard de ceux qui ont été floués ainsi que l’envie de vengeance de ces derniers. Finalement, les personnages pourraient être n’importe qui, ces crimes auraient pu avoir lieu dans n’importe quelle ville, n’importe quel pays.
Certaines images m’ont fait pensé à des plans de films, de série et m’ont semblé vraiment vivants !

 J’ai aimé les personnages, que ce soient la façon dont ils sont dessinés ou leur personnalité. J’ai apprécié la relation de séduction entre les deux inspecteurs qui permet d’alléger certaines situations, d’apporter une touche d’humour. On n’a pas affaire à une enquête froide dans le monde de la banque, mais l’histoire d’hommes et de femmes.

J’ai aimé l’enquête mais aussi les interrogations que soulèvent cette enquête. La critique du monde bancaire est très intéressante. En pleine crise financière, on voit des personnes qui ont volé, sous couvert de placements financiers, des personnages vulnérables partir avec des primes faramineuses. Qu’en penser ?  L’enquête interroge aussi sur le pouvoir des « petits épargnants » face aux gros de la finance, sur le remord et les regrets. Elle nous renvoie aussi à notre vision de la justice, et des condamnations.

Un grand merci aux éditions Rue de sèvre pour cette découverte

Très chère Ursule ( Mano Gentil)





  •  Très chère Ursule ( Mano Gentil) 
  • Serge Safran éditeur
  • ISBN : 979-10-90175-60-0
  • Format : 14 x 21 cm
  • Pagination : 240 pages
  • Prix : 17, 90 €



 
Mon résumé :
Mais pourquoi Julien Pulmel, de l’agence Socard et associés, a-t-il accepté d’organiser la soirée en mémoire de la mère d’Ursule Viroët ?
Il est sûr que les « 30 000 balles » avancés par la riche héritière du duché de Hohenstofür ont pesé dans la balance… A moins que ce ne soit parce que le jeune homme est incapable de s’affirmer et que la femme, à l’allure vieillotte, peut se montrer très convaincante…. Qui est-elle d’ailleurs cette « Ursule » ? Les associés de Julien ont-ils raison de penser qu’elle est une affabulatrice ?

Mon avis :
Ursule affabulatrice ou riche héritière… le lecteur lui-même ne sait pas sur quel pied danser…Les incursions dans la tête de la jeune femme laissent penser qu’elle n’est pas tout à fait « équilibrée » : elle parle à sa mère (alors qu’on peut raisonnablement penser qu’elle a accéléré sa mort), elle parle à sa poupée comme à un être humain…. Le ressentiment envers le monde (son père, son frère, ses ancêtres, l’hôpital) prend une grande place dans sa vie.
Et pourtant… Pourtant on finit par s’y attacher à cette femme mal dans sa peau. Une femme qui subit, toute sa vie durant, les humeurs changeantes de sa mère, qui a grandi dans la haine et le souvenir de cette riche famille.
On tourne les pages rapidement pour savoir comment tout cela va se terminer.
De la même façon on s’attache à Julien, qui semble seul contre tous. On a envie de le protéger face à la famille Socard qui ne cesse de le critiquer, de l’abaisser. Car au fil des pages, le personnage de Julien prend de l’épaisseur, devient moins benêt (du moins pour le lecteur). J’ai apprécié de voir sa loyauté de se déployer. On a l’impression qu’il se prend d’affection pour Ursule.

J’ai apprécié la critique sous-jacente de la société que fait l’auteur. Une société où finalement tout est possible… du moment que l’on paye. Il dépeint le monde de l’entreprise de façon très réaliste, critique et surtout avec beaucoup d’humour.
Un grand merci à Mr Serge Safran pour m’avoir fait parvenir ce livre. J’espère qu’il m’excusera d’avoir tarder à en faire la lecture. Merci également à l’auteur pour sa dédicace !!!!


Citations :
« Seulement, dans « famille », et j’ai fait la faute si longtemps, lorsqu’on enlève la lettre M, il reste le mot « faille ». Et je crois avoir été pour toi cette faille. Longtemps. »

« Alors, il se contente de prendre ma carte Vitale en disant à chaque fois : « Je vous fais le tiers payant », comme s’il me disait « Ça fait le kilo, je vous le laisse ? ».

« que Maman m’avait mis des chaînes, que j’avais toujours été empêchée dans ma volonté…et bien d’autres inepties qui, si je l’avais écouté, m’auraient conduite au meurtre. »

dimanche 5 février 2017

Le voleur de brosses à dents ( Eglantine Eméyé)




couverture


  •  Le voleur de brosses à dents ( Eglantine Eméyé)
  •  Parution : 24 Septembre 2015
  • Format : 153 x 240 mm
  • Nombre de pages : 288
  • Prix : 20,00 €
  • ISBN : 2-221-14633-6






Mon résumé et mon avis :
Le voleur de brosses à dents, c’est Samy. Il a 4 ans et ces vols répétés des brosses à dents du domicile ont tout de l’exploit. Car il a fallu attendre quasiment 4 ans pour que Samy marche. Non pas attendre… se battre pendant 4 ans pendant que Samy marche.
Et ça n’a pas été le seul combat.
Il y a eu celui contre les médecins qui pensaient que Samy était juste un peu en décalage par rapport à ses pairs. Qui trouvaient sa maman trop inquiète et ne voulaient pas entendre ses constats. Car elle a compris rapidement, Eglantine Eméyé que son petit Samy était différent. Il ne regardait pas les gens, les choses autour de lui. Il ne bougeait pas, ne réagissait pas aux stimulations.
Alors chaque jour a été et est encore un combat pour cette mère et ses fils. Combat pour contre le regard des gens, contre les institutions qui ne voient que l’argent. Combat contre les différentes chapelles du traitement de l’autisme, entre les pro et les anti méthode ABA, entre les pro et les anti méthode du Packing ( alors que finalement il existe sûrement autant de façon de faire que d’enfants «  différents », l’essentiel étant de trouver ce qui fait progresser tel enfant en particulier) .Combat contre elle-même pour non pas accepter la différence de son enfant mais l’apprendre et la vivre, pour accepter que cet enfant ne soit pas celui dont elle avait rêvé, pour qui elle avait fait tant de projets. Combat pour accepter qu’il soit parfois « mieux » loin d’elle.   

De ce livre on ne peut sortir indemne. A chaque page, à chaque mot on sent l’amour de cette mère pour son enfant. On ressent aussi, comme elle, la colère contre les institutions, contre les gens. Comme elle on a envie de croire aux solutions miracles affichées par telle ou telle méthode de soin.  On rit avec elle des « bêtises » de ses fils. On est fier de ses progrès si infimes soient-ils. On sourit, on rit des remarques de son autre fils.
Une lecture coup de cœur à découvrir, à mettre dans les mains de tous les lecteurs !
Un grand merci à Mme Eméyé pour cette leçon de vie !